De la pointe du Lycée national Léon-Mba à la sortie du canal de Gué-Gué, sur 1,4 kilomètre, le front de mer de Libreville s’offre une cure de jouvence sans précédent.
Les berges, longtemps menacées par l’avancée inexorable de l’océan, se parent aujourd’hui d’une armure de granit et d’espaces de vie repensés, alliant résilience climatique et renouveau urbain.
Cette mue spectaculaire s’inscrit dans une vision portée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema.
Début juin, le chef de l’État a arpenté en personne ces chantiers qui symbolisent sa volonté de faire du littoral de la capitale un levier de croissance, d’attractivité et de modernisation. «L’aménagement du front de mer ne se limite pas à un embellissement, c’est un projet de société» , confie un responsable du chantier. «Nous travaillons à sécuriser la côte face aux affres du changement climatique tout en redonnant à la mer sa place dans le quotidien des Gabonais.» Car l’enjeu est double.
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D’un côté, la lutte contre l’érosion côtière, ce phénomène qui grignote inexorablement le trait de côte. De l’autre, la création d’un espace de respiration pour une capitale parfois étouffante.
L’expertise gabonaise au cœur de l’action
Ce projet d’envergure, confié à une entreprise 100% gabonaise, illustre la volonté des plus hautes autorités de miser sur les compétences locales. En confiant ces chantiers structurants à des nationaux, le gouvernement répond à une ambition claire: faire des entrepreneurs gabonais les véritables piliers du développement national.
Sur le terrain, ce sont des centaines de jeunes qui donnent vie à cette vision. Conducteurs de compacteur, niveleuses ou tractopelles, ils incarnent un visage nouveau du BTP gabonais. Paterne Maganga, conducteur de compacteur, n’a qu’un an d’expérience en entreprise, mais déjà le sentiment d’une mission sacrée: «Après mes études, j’ai suivi deux formations en conduite d’engins, dont une au génie militaire. J’en suis sorti avec un permis G qui m’a permis d’intégrer la société. Pour moi, c’est un honneur de participer à la construction de l’édifice commun qu’est le Gabon.»
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Une fierté partagée par Pendy Mouelet, diplômée en génie civil et superviseur des travaux sur le chantier. Après dix ans d’expérience, elle confie: «Gérer les hommes est un exercice difficile, ça exige un caractère trempé. Mais tout se passe bien.»
Un front de mer repensé pour les Librevillois
L’ambition ne s’arrête pas à la protection du littoral. Ce nouveau front de mer se veut avant tout un lieu de vie.
Le projet prévoit des espaces verts, des aires de jeux pour enfants, des bancs publics et une piste circulaire en béton de 3 mètres de large destinée aux sportifs. «Nous créons un espace multifonctionnel combinant loisirs, tourisme, activités économiques et valorisation du patrimoine naturel, détaille Ulrich Ibouana, ingénieur génie civil et chef de projet. Et nous formons sur le tas des jeunes qui n’avaient parfois aucune expérience professionnelle.»
Le jardin de la promenade de la corniche de Libreville en cours de réalisation.. A. N. Ismael/Le360 Afrique
Avec 200 places de stationnement et des accès directs à la plage, ce nouveau poumon urbain devrait rapidement devenir le rendez-vous incontournable des Librevillois en quête d’évasion à deux pas de chez eux.
Un chantier à la dimension symbolique
Les délais sont serrés: ce projet, dont la durée totale est estimée à 12 mois, doit voir sa première phase livrée mi-août pour intégrer les festivités de la fête de l’indépendance, célébrée le 17 août.
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À l’heure où le Gabon amorce un nouveau chapitre de son histoire, ces berges réaménagées portent une promesse plus haute que le simple béton. Celle d’un pays qui se reconstruit sur ses propres forces, avec ses talents, dans le respect de son environnement et au service de sa jeunesse.
Comme l’a rappelé Alain-Claude Kouakoua, le patron de Mika Service, cette initiative «traduit de manière concrète la volonté du chef de l’État de faire confiance aux entreprises de Gabonais et de les ériger en véritables piliers du développement national».
Le front de mer de Libreville renaît. Et avec lui, l’espoir d’une capitale plus résiliente, plus accueillante, résolument tournée vers l’avenir





