Sierra Leone: l’ex-président Koroma de retour dans son pays

L'ex-président Ernest Bai Koroma qui vivait en exil au Nigeria, est rentré dans son pays, quelques mois après l'abandon de poursuites judiciaires contre lui, en compagnie de l'ex-président nigérian Olusegun Obasanjo.

Le 07/09/2026 à 07h22

L’ex-président de la Sierra Leone Ernest Bai Koroma, qui vivait en exil au Nigeria, est rentré dans son pays dimanche, quelques mois après l’abandon de poursuites judiciaires contre lui, a constaté un journaliste de l’AFP.

M. Koroma, qui a dirigé ce pays d’Afrique de l’Ouest de 2007 à 2018, avait été inculpé de trahison et d’autres infractions en Sierra Leone en janvier 2024.

Il s’était rendu au Nigeria quelques jours plus tard après avoir obtenu la permission des autorités judiciaires d’y passer un maximum de trois mois pour un traitement médical. Il y est finalement resté plus de deux ans.

Les poursuites judiciaires concernant son rôle présumé dans ce que les autorités sierra-léonaises avaient qualifié de tentative de coup d’Etat en 2023 ont été abandonnées il y a quelques mois.

M. Koroma, qui est arrivé dimanche à Freetown, la capitale, était accompagné de l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo et de la ministre des Affaires étrangères du Nigeria, Bianca Odumegwu-Ojukwu.

Il a été accueilli à l’aéroport international par sa fille, par le ministre sierra-léonais des Affaires étrangères Mohamed Rahman Swarray et par de hauts responsables du principal parti d’opposition en Sierra Leone, le Parti du Congrès de tout le peuple (APC).

«Paix» et «cohésion nationale»

«Aujourd’hui, je rentre chez moi et je suis heureux», a lancé aux journalistes à l’aéroport M. Koroma, arborant un large sourire.

«Je veux remercier Dieu Tout Puissant, ma famille et de nombreux chefs d’Etat étrangers de la sous-région», en particulier, pour «m’avoir accueilli», le président nigérian Ahmed Bola Tinubu, a-t-il ajouté.

«Le Nigeria est devenu ma seconde maison», a-t-il affirmé.

Après ce retour, il s’est dit «déterminé» à travailler «à bâtir la paix et la cohésion nationale» à travers sa fondation, ainsi qu’à «apporter ses conseils» à la jeunesse sierra-léonaise.

De son côté, Mme Odumegwu-Ojukwu a jugé au cours d’un point de presse que c’était un «jour historique», celui de la fin de la «réinstallation provisoire» au Nigeria de M. Koroma et de son «retour sécurisé et digne» en Sierra Leone.

Sa réapparition ce week-end à Freetown avait été annoncée vendredi par le vice-président sierra-léonais Mohamed Juldeh Jalloh. Celui-ci avait évoqué «un esprit de paix et de cohésion nationale», précisant que l’ex-chef de l’Etat irait ensuite à Makeni (centre), son fief, la semaine prochaine.

M. Koroma avait brièvement regagné son pays fin juillet, après l’abandon des poursuites, au cours d’un sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), à l’invitation de l’actuel président Julius Maada Bio.

Le Bureau du procureur général et du ministre de la Justice avait déclaré mi-juillet avoir déposé un avis de cessation des poursuites pénales le concernant et assuré qu’il était «libre de retourner en Sierra Leone».

Aucune explication n’avait été donnée sur l’abandon des charges mais des observateurs politiques estiment que le gouvernement cherche à promouvoir l’unité nationale.

Cette annonce intervient par ailleurs avant l’élection présidentielle de 2028 et à un moment où le climat politique est agité par une révision constitutionnelle décriée visant à modifier le code électoral, récemment adoptée par le Parlement.

En novembre 2023, des hommes armés avaient pris d’assaut un arsenal militaire, deux casernes, deux prisons et deux commissariats de police à Freetown, se heurtant aux forces de sécurité.

Vingt-et-une personnes avaient été tuées et des centaines de prisonniers s’étaient évadés avant que les autorités ne parviennent à reprendre le contrôle, à la suite de ce qu’elles ont qualifié de tentative de coup d’Etat par des membres des forces armées.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 07/09/2026 à 07h22