Cameroun. Fermeture des églises de réveil: le gouvernement prêche le respect de la loi

Des fidèles dans une église à Yaoundé.
Le 07/08/2026 à 15h04

VidéoPlus de 200 églises de réveil clandestines ont déjà été fermées à Yaoundé car jugées non conformes à la loi. Une mesure diversement appréciée par les Camerounais.

Le Cameroun compte sur son territoire plus de 1.400 églises dont seules 47 associations religieuses ont une existence légale à l’image de la Mission catholique romaine, la Presbyterian Church in Cameroon, l’Eglise Evangélique du Cameroun, les Témoins de Jéhovah, l’Union des églises Adventistes du 7ème jour et bien d’autres.

Au Cameroun, l’ouverture et le fonctionnement d’une église relèvent du régime de l’autorisation préalable en tant qu’association religieuse. Cette autorisation s’adosse sur la loi du 19 décembre 1990 relative à la liberté d’association. Cette loi précise que l’aval final est accordé exclusivement par un décret du Président de la République, après l’avis motivé du ministère de l’Administration territoriale.

Ainsi plus de 1.350 églises se sont installées sans aucune existence légale, foulant au pied les lois de la République. Une situation que certains sociologues, comme Thaddée Mbarga, tentent d’expliquer. «Le gouvernement de notre pays est dans la logique de la tolérance administrative. Cette posture souveraine amène plusieurs citoyens à s’essayer dans des domaines variés avec plus ou moins de compétences. Ceux qui exercent honnêtement sortent des radars de la répression pas les autres. C’est exactement ce qui arrive aux églises de réveil clandestines », a-t-il expliqué.

Justement plusieurs de ces églises n’avaient plus bonne presse dans le pays. Dans les rues de la capitale Yaoundé par exemple le chapelet des dérives est égrené par des citoyens comme Albert Onguéné, «les pasteurs des églises de réveil s’enrichissent sur le dos de leurs fidèles avec des dîmes qu’ils leur exigent et des contributions de toutes sortes. Certains de ces pasteurs sèment la zizanie dans les familles sans oublier des illusions qu’ils vendent aux personnes déprimées», a-t-il déclaré.

C’est fort de toutes ces accusations que le gouvernement s’est résolu de fermer toutes celles qui ne sont pas conformes à la loi.

Par Jean-Paul Mbia (Yaounde, correspondance)
Le 07/08/2026 à 15h04