Cameroun. «Invisibilisées, précarisées»: les travailleuses domestiques en quête de requalification de leur métier

Une séance de formation des domestiques de maison à Yaoundé.

Le 04/06/2026 à 10h24

VidéoComment mettre en adéquation le respect des droits des femmes de ménage, des auxiliaires de vie, des cuisinières... et les exigences de leurs employeurs encore non codifiées, laissant la porte ouverte à toutes formes de dérives? Une association a pris à bras le corps ce sujet en organisant des séances de formation.

Il n’y a pas encore d’écoles de formation des employés domestiques au Cameroun mais la législation du pays leur reconnait des droits malheureusement pas toujours respectés.

Cuisiniers, chauffeurs, jardiniers, nounous... et bien d’autres profils entrent dans cette catégorie professionnelle exerçant un travail permanent ou saisonnier chez des particuliers et qui doivent veiller au respect de leurs droits.

Les employeurs ont parfois des exigences qui ne sont pas codifiées, laissant la porte ouverte à toutes les formes de dérives.

Devant ce vide juridique, des ateliers de renforcement des capacités sont régulièrement organisés au profit des femmes et des filles-mères travailleuses domestiques par l’Association pour le Développement des Assistantes de Maison (ASDAM) fondée par Claudine Lucie Mboudou Mballa qui estime que «les travailleuses domestiques doivent connaitre le matériel de travail et les produits qu’elles utilisent. C’est la raison pour laquelle, nous organisons chaque mois des séances de formations pour qu’elles se sentent à l’aise dans leur lieu de travail».

Des ateliers de formation de recyclage qui trouvent un terrain fertile auprès des bénéficiaires comme le témoigne la travailleuse domestique Salomé Mevouda du quartier Bastos. «Ces échanges m’aident beaucoup parce qu’au départ, j’avais vraiment d’énormes difficultés à m’entendre avec mes patrons. Deux fois j’ai perdu des bons postes parce qu’on attendant de moi des plats européens que je savais pas préparer. Depuis, que je viens ici pour suivre ces leçons, je me sens nettement mieux», a-t-elle témoigné.

Le Gouvernement camerounais et ses partenaires au développement encouragent cette initiative qui forme les bénéficiaires sur la maîtrise de leurs droits mais aussi de leurs devoirs.

Par Jean-Paul Mbia (Yaounde, correspondance)
Le 04/06/2026 à 10h24