Pour Ameth Seck, la joie d’avoir des enfants n’a pas de prix. Mais derrière chaque sourire se cache une lourde responsabilité. «Quelle que soit la joie que l’on éprouve à avoir des enfants toujours, la prise en charge économique pèse très lourd pour un père de famille.»
Au Sénégal, la charge d’un père ne s’arrête pas toujours aux portes de son foyer. La solidarité familiale, profondément ancrée dans les traditions, élargit encore davantage ses responsabilités.
Moussa Pouye en fait chaque jour l’expérience. «Au Sénégal, un père de famille n’est pas seulement le père de sa propre famille. Il y a tout autour la famille élargie, les parents, mais également les voisins. Par conséquent, un père de famille qui gagne en moyenne entre 250.000 et 300.000 francs par mois ne va pas nourrir que son seul foyer.»
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Week-ends sacrifiés, journées interminables, fatigue accumulée… pour beaucoup, le repos devient un luxe. Le devoir de père passe avant tout, parfois même avant soi. Ameth Seck confie vivre désormais presque exclusivement pour ses enfants. «On s’agite et on s’active tout le temps, en essayant de faire de notre mieux à n’importe quelle heure de la journée. On travaille sans relâche, nous n’avons pas de week-end ni d’heures de repos. Nous sommes constamment obligés d’être sur le terrain pour essayer, au moins, de subvenir aux besoins de la famille.»
Malgré les difficultés, renoncer n’est pas une option. Parce que les enfants n’ont pas choisi de venir au monde, ces pères estiment avoir le devoir de tout faire pour leur offrir une vie digne.
Moussa Pouye résume ce sentiment avec beaucoup d’émotion. «Être père de famille n’est pas facile, c’est difficile et loin d’être évident. Mais tout compte fait, nous sommes obligés de faire avec les moyens du bord, et de partager le peu que l’on gagne avec la famille.»
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Être père, c’est peut-être cela: sourire quand on est épuisé, rassurer quand on doute, continuer quand les moyens manquent. Derrière chaque enfant qui grandit se cache souvent un homme qui se prive, qui se bat en silence et qui porte bien plus que le poids de son propre foyer.
Au Sénégal, être père est bien plus qu’un statut: c’est une responsabilité. Le Code de la famille confie au père le devoir d’assurer l’entretien, les besoins et l’éducation de ses enfants.
L’Islam lui attribue également cette responsabilité matérielle envers sa famille. Si, aujourd’hui, de nombreuses femmes épaulent leur époux en participant aux dépenses du foyer, ce soutien reste, dans l’esprit de la loi comme dans la tradition musulmane, un accompagnement et non une obligation. Car, au bout du compte, c’est sur les épaules du père que repose d’abord le devoir de subvenir aux besoins de ses enfants.
