La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced) a publié son rapport 2026 sur les investissements directs étrangers dans le monde intitulé: «Rapport sur l’investissement mondial 2026: l’investissement international dans une ère de turbulence».
Il y ressort que les flux des IDE dans le monde ont augmenté de 6% à 1.600 milliards de dollars.
Toutefois, «la reprise doit être interprétée avec prudence: les chiffres globaux de l’IDE ne se traduisent pas toujours par de nouvelles usines, infrastructures, emplois ou transferts de technologies», lit-on d’emblée dans le rapport. Autre enseignement, ces IDE sont fortement concentrés sur quelques pays. «Les 20 principales économies d’accueil du monde ont attiré plus de 80% de l’IDE mondial en 2025», souligne la rapport qui explique que «l’investissement devient plus concentré dans un nombre restreint de pays, de secteurs et de projets».
En ce qui concerne le continent africain, en dépit de ses potentialités énormes, notamment les secteurs des énergies, les infrastructures, les minerais de transition, les hydrocarbures…, les flux d’IDE demeurent globalement faibles.
En effet, en 2025, l’Afrique n’a attiré que 70 milliards de dollars d’IDE, contre 94 milliards de dollars l’année précédente, soit une chute de 26%.
Toutefois, «le total enregistré en 2024 a été gonflé par un petit nombre de transactions d’une ampleur inhabituelle, notamment le mégaprojet de construction et d’immobilier de Ras El-Hekma en Égypte», indique le rapport, ajoutant que «si l’on exclut les pics exceptionnels liés à de grandes transactions ponctuelle en Afrique du Sud en 2021 et en Égypte en 2024, les flux de 2025 représentent la meilleure performance enregistrée ces dernières décennies».
Les investissements reçus par le continent africain représentent à peine 4,40% des flux d’IDE enregistrés au niveau mondial.
Nonobstant, l’Afrique continue d’attirer des investisseurs étrangers attirés par les secteurs de l’énergie, les infrastructures, la technologie, les minerais critiques, les hydrocarbures… L’origine des investisseurs ne cesse de se diversifier accordant une place de plus en plus importante à ceux du Golfe et d’autres économies asiatiques.
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Cependant, ces flux d’IDE restent concentrés sur une poignée de pays, les 10 premiers bénéficiaires africains ont représenté 72,30% des flux destinés au continent.
Répartition des flux d'IDE à destination de l'Afrique par régione 2024 et 2025.
Dans ce contexte, comme en 2025, c’est l’Égypte qui se hisse au premier rang des bénéficiaires des IDE à destination de l’Afrique avec un flux de 15,45 milliards de dollars, soit 22,07% des flux africains. Cependant, ce volume est en forte baisse par rapport au niveau record d’IDE de 2024 qui s’établissait à 46,58 milliards de dollars, grâce au mégaprojet de Ras El-Hekma.
Plusieurs projets sont derrière les flux d’investissements à destination de l’Égypte en 2025 dont celui du mégaprojet touristique et urbain d’Alam El-Roum développé par Qatar Diar et dont l’investissement global est estimé à 29,7 milliards de dollars. Ledit projet dont la réalisation s’étalera sur plusieurs années a drainé 3,5 milliards de dollars l’année dernière.
Derrière l’Égypte, suit la Guinée avec un flux d’IDE de 7,80 milliards de dollars, contre 1,4 milliard en 2024, soit une hausse de 457%. Ces investissements sont portés par d’importants projets miniers, notamment dans la bauxite et le minerai de fer, deux ressources minières dont le pays dispose de très grandes réserves.
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Ces investissements ont contribué à rendre opérationnel le méga-gisement de Simandou entré en production fin 2025 après un investissement global de 21,5 milliards de dollars.
Le Mozambique et le Nigeria ont attiré respectivement 5,7 et 4 milliards de dollars d’IDE en 2025. Au Mozambique, les investissements sont portés par le secteur du gaz naturel liquéfié (GNL). Pour le Nigeria, c’est le secteur des hydrocarbures qui continue d’attirer les IDE avec un projet majeur évalué à près de 2 milliards de dollars.
L’Éthiopie a attiré 3,8 milliards de dollars dans divers secteurs. Ces investissements sont boostés par l’implantation d’une usine d’engrais de l’homme d’affaires nigérian Aliko Dangote. L’Homme d’affaires investit actuellement 4 milliards de dollars pour la réalisation d’une méga unité d’engrais de 3 millions de tonnes d’urée, d’une unité d’emballage en polypropylène et d’une unité de mélange d’engrais NPK d’une capacité de 2 millions de tonnes.
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L’Ouganda continue d’attirer des IDE avec un flux atteignant 3,4 milliards de dollars, grâce aux investissements dans le raffinage pétrolier et le stockage par batterie.
En ce qui concerne le Maroc, les investissements se sont établis à 3,34 milliards de dollars, en forte hausse de 90,85%. Il s’agit globalement de projets surtout par les secteurs manufacturiers et l’automobile dont particulièrement l’extension des capacités de l’usine de Stellantis Maroc implantée à Kénitra portées à 535.000 unités en incluant la micromobilité.
Les 10 pays africains ayant reçu le plus d’IDE en 2025 (milliards de dollars)
| Pays | Flux d’IDE en 2025 | Flux d’IDE en 2024 | Variation 2025/2024 | Principaux secteurs |
|---|---|---|---|---|
| Égypte | 15,45 | 46,58 | -66,83% | Tourisme, immobilier |
| Guinée | 7,80 | 1,40 | +457,14% | Minerais |
| Mozambique | 5,70 | 3,12 | +82,70% | Gaz |
| Nigeria | 4,00 | 1,60 | +150% | Pétrole & gaz |
| Éthiopie | 3,80 | 3,98 | -4,52% | Engrais |
| Ouganda | 3,36 | 3,12 | +7,70% | Pétrole, raffinage |
| Maroc | 3,34 | 1,75 | +90,86 | Automobile, énergie |
| Kenya | 3,20 | 2,32 | +37,93% | Énergie, agriculture, minerais |
| Côte d’Ivoire | 2,03 | 1,48 | +37,16% | Minerais |
| Ghana | 1,91 | 1,77 | +7,91% | Hydrocarbure, minerais |
Source: rapport de la Cnuced
Globalement, souligne le rapport de la Cnuced, «les données relatives aux projets et aux transactions témoignent d’un engagement actif, mais sélectif, des investisseurs en Afrique. La valeur des projets d’investissements direct (projet greenfield) a chuté de près d’un tiers en 2025, alors même que le nombre de projets annoncés augmentait. Cette évolution suggère un glissement du modèle dominé par les mégaprojets vers un éventail plus large de projets de moindre envergure».
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Malgré cela, les investissements demeurent concentrés sur quelques projets d’envergures. Ainsi, les 10 principaux projets annoncés en 2025 ont représenté environ 40% de la valeur totale annoncée.
Et les annonces de mégaprojets se poursuivent en 2026 en Égypte, au Kenya… Dans ce dernier pays, Dangote vient d’annoncer la construction d’une méga raffinerie de 17,5 milliards de dollars pour une capacité de traitement 600.000 barils par jour.
Enfin, à noter que si presque tous les pays du continent ont enregistré des flux positifs, l’Afrique du Sud a enregistré un flux net négatif d’environ 2,3 milliards de dollars. Selon le rapport de la Cnuced, plutôt qu’un désinvestissement productif classique, ce flux négatif s’explique par les flux financiers intragroupes, les rapatriements de profits et les opérations de fusions-acquisitions.





