Sénégal. Protection de l’enfant: tabous et omerta freinent les avancées

Une délégation de Tanger au centre Enfant Soleil à Thiès.

Le 04/05/2026 à 08h08

VidéoLa violence faite aux enfants au Sénégal demeure un sujet profondément préoccupant, malgré les efforts engagés pour y faire face. Chaque jour, de nombreux enfants continuent de subir différentes formes de violences dans leur environnement immédiat. Des pratiques souvent banalisées, parfois dissimulées, qui compliquent considérablement la lutte contre ce fléau.

Face à cette réalité, certaines organisations haussent le ton. C’est le cas de l’ONG Avenir de l’Enfant, qui multiplie les campagnes de sensibilisation à travers le pays. «Les parents doivent être le premier maillon de protection de l’enfant», insiste Moussa Sow, directeur de projet, appelant à une responsabilisation accrue au sein des familles. Mais le combat reste complexe.

Pour Aïda Mbengue, Badienou Gokh, la question touche à des réalités sociales sensibles. «Les violences subies par les enfants sont souvent commises par des personnes proches, voire par des membres de la famille», déplore-t-elle. Elle appelle à une mobilisation générale: «Toutes les couches de la société doivent s’engager pour mettre hors d’état de nuire ces prédateurs sexuels qui brisent la vie de milliers d’enfants».

Des témoignages qu’elle recueille depuis plus de dix ans et qui, selon ses mots, «donnent froid dans le dos».

La problématique dépasse les frontières nationales. En visite au Sénégal dans le cadre du Programme de partenariat et de coopération internationale réunissant le Sénégal, le Maroc et l’Espagne, un responsable de la ville de Tanger a pu mesurer l’ampleur de la situation.

En déplacement à Thiès, au centre Enfant Soleil, il a tenu à rassurer les acteurs engagés. «Nous sommes déterminés à accompagner les initiatives visant à renforcer la protection de l’enfance». Ce partenariat prévoit notamment la réhabilitation et l’équipement de plusieurs centres à Dakar et à l’intérieur du pays.

Une avancée saluée par Mouhamadoul Hadji, pour qui «ce fléau est un problème mondial qui nécessite l’implication de tous». Face à l’ampleur du phénomène, autorités, ONG et partenaires internationaux sont appelés à unir davantage leurs efforts. Car protéger l’enfant aujourd’hui, c’est aussi préserver l’avenir du Sénégal demain.

Par Moustapha Cissé (Dakar, correspondance)
Le 04/05/2026 à 08h08