Cap-Vert: deux jours de deuil national après la mort de 25 personnes dans un accident de bus

Des habitants et des proches entourent le cercueil de l'une des victimes d'un accident de bus lors de ses funérailles à l'église de São Lourenço, dans la ville de São Lourenço, sur l'île de Fogo, le 6 septembre 2026.. AFP or licensors

Le 07/09/2026 à 06h54

Le gouvernement du Cap-Vert a annoncé dimanche deux jours de deuil national après la mort d’au moins 25 personnes, principalement de jeunes enfants et des adolescents, dans un accident de la route survenu la veille sur l’île de Fogo.

Des personnes ont aussi été blessées, certaines grièvement, quand le drame s’est produit, dans la soirée de samedi pendant un trajet en bus, d’après un bilan communiqué dimanche par la radio publique, Radio de Cabo Verde (RCV).

Toutes les personnes décédées ont été inhumées dimanche.

Les accidents de cette ampleur sont rares sur les routes globalement en bon état de cet archipel d’Afrique de l’Ouest de quelque 550.000 habitants, situé en plein Atlantique, au large du Sénégal.

Selon plusieurs sources, le véhicule transportait une quarantaine de personnes, qui retournaient à São Filipe après une excursion à Cha das Caldeiras, près d’un volcan, le Pico do Fogo.

L’accident est survenu dans la localité de Campanas, dans les hautes terres du nord de São Filipe. Le bus aurait alors quitté la route et chuté dans un ravin d’une trentaine de mètres de profondeur, dans une zone rocheuse, avant de plonger dans une vallée difficile d’accès.

D’après des témoignages recueillis par la radio publique, l’un des pneus a éclaté, faisant déraper le véhicule.

«Se solidariser»

«Nous voulons analyser avec les autorités locales les mesures immédiates à prendre» mais «nous avons déjà décrété deux jours de deuil national» à compter de dimanche, a réagi le Premier ministre cap-verdien, Francisco Carvalho, à la télévision publique TCV.

«D’autres mesures seront prises», a-t-il ajouté.

Le président de la République, Jose Maria Neves, a déclaré au même média qu’il allait «demander une enquête» pour établir les «circonstances de l’accident».

«Maintenant, la priorité, c’est de se solidariser avec les familles des victimes», a-t-il souligné.

Une cellule de crise composée des trois mairies de l’île, du gouvernement, de la protection civile et de l’hôpital régional de Fogo s’est réunie dimanche après-midi afin de déterminer les mesures à prendre, notamment pour le soutien psychologique des familles et la prévention des accidents de la route.

Un cadeau annuel

Le délégué du ministère de l’Education à São Filipe, José Pedro Gonçalves, a précisé à la presse que ce voyage n’était pas organisé dans le cadre scolaire.

Le chauffeur, qui figure parmi les personnes ayant péri, organisait cette excursion chaque année généralement avant la rentrée, en tant que cadeau fait aux élèves qu’il transportait en période scolaire.

Parmi les 13 blessés pris en charge à l’hôpital régional de l’île de Fogo, quatre étaient dans un état préoccupant dimanche soir.

«Notre principal but maintenant est de sauver la vie des blessés hospitalisés et, plus tard, s’il s’avère nécessaire, de les évacuer vers l’hôpital de Praia», la capitale, a déclaré le ministre de la Santé Lucio Fernandes, sur place.

«Il va falloir acquérir des moyens de protection civile adaptés à la typologie du terrain de chaque municipalité et mieux former les spécialistes en premiers secours», a par ailleurs estimé Francisco Carvalho.

Un enfant de 6 ans a pu quitter l’hôpital régional de Fogo et une femme enceinte, «psychologiquement bouleversée» et toujours hospitalisée a survécu avec son bébé sans présenter de blessures graves, selon un médecin sur place.

Des corps sans vie et des blessés, dont la plupart «avaient des lésions traumatiques», avaient commencé à arriver samedi entre 23 heures et minuit, heures locales, a-t-on appris plus tôt à la télévision publique.

Les opérations de secours se sont déroulées toute la nuit de samedi à dimanche.

Sept victimes ont été inhumées dès l’aube, en raison de l’état des corps.

Le président de la République, le chef du gouvernement et des ministres se sont rendus dimanche sur l’île de Fogo.

Ils ont assisté aux funérailles des 18 autres victimes à l’église de Sao Lourenço, dans laquelle les cercueils étaient exposés avant d’être enterrés dans un cimetière proche, a constaté un journaliste de l’AFP.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 07/09/2026 à 06h54