Le 18 avril 2023, les autorités guinéennes inauguraient officiellement l’échangeur de Kagbelen. Situé sur un axe stratégique reliant Conakry à Dubréka et aux régions de l’intérieur, cet ouvrage était présenté comme une solution pour désengorger la circulation sur l’autoroute Fidel Castro, communément appelée la «36».
Conçu pour absorber un trafic dense, notamment celui des poids lourds, ce pont moderne, équipé d’une voie supérieure, devait faciliter la fluidité des déplacements et améliorer les conditions de sortie de la capitale.
Cependant, en avril 2026, soit trois ans après sa mise en service, l’infrastructure peine encore à remplir ses fonctions et pour cause, une route non achevée à sa sortie, qui complique son utilisation pour de nombreux conducteurs.
Conséquence directe, la majorité du trafic continue d’emprunter les axes habituels, accentuant les embouteillages, notamment au niveau du rond-point de Kagbelen.
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Abdoul Salam Barry, chauffeur de taxi, décrit une situation qui, selon lui, empêche l’ouvrage de jouer son rôle: «Tant que la route à la sortie du pont ne sera pas terminée, le pont ne pourra pas montrer toute son utilité. Normalement, une partie des camions devrait passer par là. Mais en réalité, ils continuent tous d’emprunter la “36”, ce qui provoque des embouteillages permanents sous le pont».
Le même constat est partagé par les conducteurs de taxi moto. Alpha Oumar Diallo estime que l’infrastructure reste largement sous-exploitée: «Pour l’instant, on ne ressent pas vraiment l’utilité de ce pont. La voie supérieure est très peu utilisée, parce que la route à sa sortie est en mauvais état. Cela explique les embouteillages fréquents à Kagbelen, que ce soit en direction de Dubréka ou de l’autoroute. En principe, ce pont devrait permettre de quitter rapidement Conakry vers l’intérieur du pays. Mais aujourd’hui, tout le monde continue d’utiliser l’autoroute».
Face à cette situation, les usagers appellent les autorités à achever les travaux afin de rendre l’infrastructure pleinement fonctionnelle.
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Abdoul Salam Barry lance un appel pressant: «Nous demandons aux autorités de finaliser rapidement cette route pour mettre fin aux embouteillages au rond-point. Car au-delà de la voie supérieure du pont, il n’y a pas de route praticable. Une fois arrivés là, nous sommes obligés de faire demi-tour».
Trois ans après son inauguration en grande pompe, le pont Paul Kagamé de Kagbelen illustre les limites d’un projet inachevé. Pour les habitants et les usagers de cet axe vital, l’urgence est désormais claire: achever la route pour permettre à l’ouvrage de jouer pleinement son rôle.
