Sous un pont de la commune de Matoto, des hommes s’activent à retirer des déchets accumulés dans le lit du canal.
Armés de pelles et de brouettes, ils se faufilent dans les espaces les plus difficiles d’accès pour libérer le passage de l’eau. Une opération qui s’inscrit dans une vaste campagne d’assainissement engagée à l’approche de la saison des pluies.
Pour les responsables de l’Agence nationale de l’assainissement public, l’entretien des ponts, dalots et autres ouvrages de drainage est une étape essentielle pour éviter les engorgements qui favorisent les inondations. «Si les caniveaux ne sont pas curés en cas de fortes pluies, il y a un risque d’inondations. Après le curage, il faut ramasser les déchets, sinon les efforts risquent d’être réduits à néant. Il existe des endroits où les machines ne peuvent pas intervenir efficacement. Dans ces zones, nous avons besoin de main-d’œuvre. Les ouvrier descendent sous les ponts pour retirer tous les déchets», explique Souleymane Diallo, cadre à l’Agence nationale de l’assainissement public.
Sur le terrain, les agents chargés de l’exécution des travaux sont confrontés à une réalité bien connue: plusieurs parties des ouvrages sont inaccessibles aux engins mécaniques.
Le nettoyage repose alors essentiellement sur le travail manuel, considère Alpha Amadou Barry, éboueur: «Nous avons travaillé sur plusieurs sites et procédé au nettoyage de nombreux fossés. Ici, par exemple, nous descendons sous le pont pour effectuer le nettoyage, car c’est plus efficace et plus pratique».
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À Matoto, les difficultés sont accentuées par la configuration géographique de la commune. Située en contrebas de plusieurs secteurs de la capitale, elle reçoit une importante quantité de déchets charriés par les eaux de ruissellement. Une situation qui met les ponts et les ouvrages de drainage sous forte pression à chaque saison des pluies. «Il y a des personnes qui continuent de jeter des déchets dans les caniveaux. Or, Matoto est toute en pente. Lorsqu’il pleut, une grande partie des déchets provenant des autres communes se déverse à Matoto. Malgré cela, nous nous battons jour et nuit pour maintenir la commune propres», explique Souleymane Diallo.
À travers ces interventions, les autorités entendent sécuriser les principaux points de passage des eaux avant les premières grandes pluies. Un travail préventif dont l’efficacité dépendra également du comportement des citoyens, appelés à préserver ces ouvrages de drainage en évitant d’y déverser des déchets.
