Un espace propre, débarrassé de ses déchets. Les ordures sont soigneusement regroupées, le sol nettoyé et les abords du lac commencent à avoir belle allure. Un résultat obtenu non pas grâce à un vaste chantier d’aménagement, mais à la détermination de quelques jeunes du quartier.
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À Sanfonia, faute d’un aménagement véritablement structuré, des volontaires, à l’instar de Ibrahima Traoré, ont décidé de prendre eux-mêmes les choses en main.
Régulièrement, ils viennent nettoyer les abords du lac, ramasser les déchets et tenter, à leur échelle, de redonner vie à cet espace qui pourrait devenir un véritable lieu de détente et d’activité pour les habitants.
Pour Ibrahima Traoré, bénévole, cette mobilisation répond aussi à une urgence. «C’est ce qui cause beaucoup d’inondations, surtout au niveau du pont, puisque le passage est bloqué. C’est vraiment l’une des causes de ces inondations. Quand le lac sera propre et bien entretenu, tout le monde sera satisfait, moi le premier. Pour le moment, il y a encore du travail à faire. Nous devons bien entretenir le lac et nous appelons tous les Guinéens, particulièrement les citoyens de Foulamadina, à venir s’associer à nous pour rendre une meilleure image à cet endroit. C’est ce que nous voulons».
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Car cette pièce d’eau à proximité de la capitale souffre de plusieurs maux, devenus chroniques faute de solution. durables. Jadis «trésor écologique» où venaient nicher de nombreuses espèces d’oiseaux, «un endroit fabuleux» avec mangrove et végétation luxuriante, cette zone humide étouffe sous la pollution.
Sous le titre «Le lac de Sonfonia: on n’ensevelit pas un château d’eau», Ibrahima Diallo enseignant à l’université de Conakry a publié a pamphlet.
Il y rapporte «À quelques minutes de la Faculté où j’enseigne s’étend un plan d’eau qui a donné à boire à Conakry. Une usine de traitement y a été construite en 2009 et mise en service en 2010 pour produire dix mille mètres cubes par jour. Elle est à l’arrêt depuis 2018, parce que l’eau du lac est devenue trop sale pour être potabilisée».
Le mot est lâché: trop sale. Que faire alors? La réponse est venue de volontaires, car derrière cette opération de nettoyage se trouve aussi un enjeu économique.
Pour certaines femmes qui travaillent aux abords du lac, un espace mieux aménagé pourrait représenter une source de revenus.
Pauline Kolié, vendeuse de soupe sur le berge du lac, espère ainsi pouvoir exercer son activité dans de meilleures conditions. «Nous les femmes, nous cherchons simplement à nous débrouiller pour subvenir aux besoins de nos enfants et de nos familles. Je demande aux autorités de nous aider à aménager cet endroit».
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Aujourd’hui, cette ’initiative reste limitée face à l’ampleur des besoins. Les habitants attendent désormais un véritable accompagnement pour transformer durablement les abords du lac, améliorer son environnement et faire de cet espace un lieu utile à toute la communauté.
La réponse viendra, peut-être, du récent rapport sur l’état écologique du lac de Sonfonia assorti d’un plan d’aménagement et de gestion durable réalisé en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement. Alors, attendons... bien que la patience d’une zone humide est bien limitée.
