Conakry. Éboulement d’une montagne de déchets: la Guinée et la Sierra Leone rendent un dernier hommage aux victimes

Dernier hommage aux victimes de Dar es Salam.

Le 06/09/2026 à 08h20

VidéoDeux semaines après l’éboulement meurtrier survenu à la décharge de Dar es Salam à Conakry, l’heure était aux derniers adieux. Familles, proches, autorités religieuses et représentants des deux pays se sont retrouvés à la mosquée de Bambéto pour la prière funèbre, avant l’inhumation des victimes dont certaines sont originaires du Sierra Leone.

À Bambéto, l’ambiance est lourde en ce vendredi de septembre. Devant la mosquée, les familles et les proches des victimes se rassemblent. Les dépouilles sont conduites sur place pour la prière funèbre.

L’éboulement d’une montagne des déchets ménagers a fait 36 morts la nuit du 22 au 23 août, selon un nouveau bilan communiqué vendredi lors de la cérémonie funéraire par le directeur général de l’Agence nationale de gestion des urgences et catastrophes humanitaires (ANGUCH), Lancei Touré.

Une vingtaine de blessés sont encore dans les hôpitaux et plus de 1.600 sinistrés ont été assistés depuis le drame, a précisé M. Touré. Le drame s’est produit aux environs de 2 heures du matin, après de fortes pluies.

Dans le silence, les regards se croisent, les visages sont fermés. Pour certains proches, les larmes viennent rappeler la brutalité du drame. Pour tous, cette cérémonie constitue un dernier moment de recueillement avant que les victimes ne rejoignent leur dernière demeure.

L’imam Kallo rappelle la solennité de cette journée et les dispositions prises pour les obsèques. «Nous procédons aujourd’hui à la prière funèbre puis à l’enterrement de 35 personnes, toutes victimes de l’éboulement de Dar es Salam. Nous avons déjà pris toutes les dispositions pour que ça se passe bien. Aujourd’hui, c’est toute la Guinée qui est en deuil. La Sierra Leone aussi. Nous prions pour le repos de leur âme», rappelle l’imam.

Une prière funèbre pour des victimes de plusieurs nationalités, mais un même destin tragique.

Parmi les personnes disparues figurent plusieurs ressortissants sierra-léonais. Le drame a ainsi profondément marqué les deux pays. Autour de la mosquée, la présence des représentants sierra-léonais témoigne également de cette solidarité.

Depuis l’éboulement, les autorités des deux pays et les associations de ressortissants se mobilisent pour accompagner les familles, identifier les victimes et venir en aide aux survivants.

Mohamed Bangoura, chargé des Relations extérieures de l’ambassade de Sierra Leone en Guinée, salue cette mobilisation. «Nous remercions les deux pays et les deux chefs d’État pour tout ce qu’ils ont fait depuis que ce drame s’est produit. L’ambassade de la République de Sierra Leone et son entourage n’ont ménagé aucun effort pour venir au secours des victimes. Même l’Union des ressortissants sierra-léonais, avec l’ambassade et ses différents partenaires, travaille main dans la main avec les autorités guinéennes pour identifier les victimes et apporter les meilleures conditions possibles aux personnes qui ont survécu».

Après la prière, le cortège funèbre quitte progressivement la mosquée. Direction: le cimetière de Bambéto. Les familles accompagnent une dernière fois leurs proches. Les ambulances prennent la route dans une atmosphère silencieuse, tandis que la foule se disperse peu à peu.

Au cimetière de Bambéto, les victimes sont inhumées. Pour les familles, cette journée marque la fin des obsèques, mais surtout le début d’un long travail de deuil.

Car au-delà du bilan humain, le drame remet surtout sur la table une question devenue urgente: combien de temps encore les populations pourront-elles vivre au pied de montagnes d’ordures dont le danger est désormais meurtrier?

Par Mamadou Mouctar Souaré (Conakry, correspondance)
Le 06/09/2026 à 08h20