À Dar-es-Salam, le silence de l’après-catastrophe contraste avec le vacarme des pelleteuses … Le bilan officiel est plutôt lourd, 30 morts et 22 blessés, dont six dans un état grave.
Sur cette montagne d’ordures, chaque fouille peut faire exhumer un corps ou raviver l’espoir de retrouver un survivant.
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Le drame s’est produit aux environs de 2 heures du matin, après de fortes pluies, «le premier éboulement s’est produit vers 2 h 50 du matin. À ce moment-là, certaines personnes étaient sorties pour aller souper. Quelques minutes plus tard, un deuxième éboulement s’est produit. Plusieurs maisons se sont effondrées, faisant beaucoup de morts et de blessés. C’est tout ce que je peux dire pour le moment», témoigne Alseny Soumah, sinistré de Dar-es-Salam.
Dans la confusion, les premiers secours accourent, fouillent les décombres et tentent d’extraire ceux qui peuvent encore être sauvés, avant l’arrivée des équipes de secours.
«J’habite juste à côté. Nous avons été les premiers à arriver après le deuxième éboulement. Nous avons ainsi pu sauver des gens jusqu’à l’arrivée des secours. Nous avons constaté beaucoup de pertes en vies humaines. Je suis inquiet car on nous demande de quitter définitivement le site aujourd’hui, alors que je sais pas où aller», raconte Maarouf Keita, sinistré.
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Face au drame, un dispositif d’évacuation des populations exposées a été également mis en place. Mais pour les sinistrés, une question demeure: où aller après avoir tout perdu?
«Oui, cela était prévisible. C’est même le deuxième frame du genre. En 2019 ou en 2021, je ne rappelle plus de la date exacte, il y a également eu un éboulement ici. À l’époque, le gouvernement avait déployé des agents pour essayer de minimiser les risques. Mais cette fois-ci, cela a surpris tout le monde, parce que l’éboulement s’est produit à la veille de la délocalisation du site et de l’interdiction de certains bâtiments. Nous avons donc tous été surpris de voir cela se produire aujourd’hui. Mais face à certains événements, nous ne pouvons que prier Dieu pour le repos de l’âme de ceux qui ont perdu la vie», déplore Mamadou Oury Bah, membre d’une ONG venue porter assistance aux riverains.
Car ce n’est pas la première fois que l’effondrement d’ordures asphyxie toute une population, sauf que cette fois-ci le bilan est plus lourd.
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«22 août 2017–22 août 2026: neuf ans d’intervalle, pour un même drame sur un même site: l’éboulement de la décharge de Dar-es-Salam. Une seule nuance de taille, cependant : le bilan de la tragédie de cette année est infiniment plus lourd. Sans doute le sort a-t-il voulu nous punir pour notre amnésie collective et notre fâcheuse incapacité à tirer les leçons de nos propres drames», s’indigne un confrère.
Cette fois encore, le drame intervient alors que la fermeture du site était annoncée pour ce dimanche 23 août. Pour la société civile, le drame pose désormais la question de la responsabilité de l’État et de l’efficacité des mesures de prévention.
«La prévention n’est plus une option. C’est une obligation de l’État. La sensibilisation ne suffit pas à elle seule. L’État doit utiliser sa force, ses prérogatives de puissance publique, pour déloger tous ceux qui occupent les sites et les zones présentant des risques d’éboulement, afin de protéger la vie de ses citoyens. C’est l’obligation de l’État», estime Ange Gabriel Haba, président du Conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSCG).
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À Dar-es-Salam, les pelleteuses continuent de fouiller la montagne d’ordures. Autour du site, les familles attendent, les rescapés cherchent où passer la nuit et les secours se poursuivent. Derrière chaque coup de pelle, une même attente: retrouver les disparus.
Mais au-delà du bilan humain, le drame remet surtout sur la table une question devenue urgente: combien de temps encore les populations pourront-elles vivre au pied de montagnes d’ordures dont le danger est désormais meurtrier?
