Yaoundé. «On se demande si les autorités vivent avec nous»: revoilà les immondices en pleine ville

Immondices en plein Yaoundé, au Caméroun

Le 24/08/2026 à 14h05

VidéoYaoundé fait à nouveau face à une crise d’insalubrité majeure. Des montagnes d’ordures envahissent les rues et les carrefours de plusieurs quartiers de la ville. Cette situation met en lumière les limites du système de ramassage et fait peser de lourds risques sur la santé publique.

Yaoundé suffoque à nouveau sous le poids des odeurs nauséabondes des multiples immondices qui jonchent plusieurs artères de la capitale politique du Cameroun depuis quelques semaines.

L’on croyait pourtant que la difficulté de gérer les ordures ménagères dans la ville aux sept collines avait été définitivement résorbée après la reprise des activités d’Hysacam, il y a quelques mois.

Hysacam est la principale société de gestion d’hygiène et de la salubrité dans toutes les grandes villes du Cameroun. Elle avait momentanément suspendu ses activités à Yaoundé sous réserve du paiement de plusieurs de ses factures par les autorités de la ville.

À ce jour, la situation est redevenue comme par le passé sous le regard inquiétant des habitants comme Roger Passia Passia, habitant le quartier Mvog Betsi «c’est regrettable ce que nous voyons. Les ordures sont dans toute la ville. Aucun coin n’est épargné. On se demande si les autorités vivent avec nous».

L’insalubrité dans la ville entraine pourtant des graves conséquences sur la santé des populations, avec la montée en puissance des cas de maladie comme le paludisme.

Un autre habitant de la ville en est régulièrement victime, «Ma famille et moi habitons non loin d’une poubelle et j’ai remarqué que depuis que la société vient difficilement enlever les ordures, les cas de paludisme ont augmenté chez moi. L’un de mes cousins a même contracté la tuberculose. Je supplie la mairie de la ville à nous éviter le pire", a-t-il indiqué.

Parmi les causes de cette crise de gestion des ordures ménagères dans la ville de Yaoundé, le manque de financements des entreprises de nettoyage, la production excessive des ordures et la mauvaise coordination entre les départements ministériels et les différentes mairies de la ville.

Par Jean-Paul Mbia (Yaounde, correspondance)
Le 24/08/2026 à 14h05