De Yopougon à Vridi, en passant par Adjamé, Cocody, Treichville ou encore Abobo, les scènes sont quasiment les mêmes, les rues de la capitale abidjanaise puent l’odeur des poubelles. Une situation qui met en mal le quotidien des populations d’une capitale qui génère environ 1,2 à 1,7 million de tonnes de déchets par an.
«Chaque Abidjanais produit plus de 280 Kg d’ordures ménagères par an, ramené à toute la population, la quantité de déchets avoisine 1,4 million de tonnes de déchets dont 16% de déchets secs (plastique, papier, textile, verre, métaux) et 68% de déchets organiques et 16% de matière inertes», avait précisé Modeste Guy Dogbo, conseiller du ministre-gouverneur du District autonome d’Abidjan.
À Vridi, Dieudonné Aboué, artisan, ne cache pas son exaspération. «Chaque matin, nous ouvrons notre atelier face à ces montagnes d’ordures. Les mouches nous envahissent», déplore-t-il.
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Même constat un peu plus loin où les habitants redoutent les conséquences sanitaires de cette situation. Pour Ozoro Véronique, commerçante, l’insalubrité expose les populations à de nombreuses maladies. «J’ai dû stopper mon commerce, les clients se font de plus en plus rares. Avec les pluies, les déchets se mélangent aux eaux stagnantes. Nous craignons les infections, le paludisme, les maladies diarrhéiques et d’autres problèmes de santé», explique-t-elle.
Les abords des boulevards, routes, rues et les places publiques sont jonchés d'ordures à Abidjan. . E. Djidja/Le360 Afrique
À Cocody, certains résidents s’interrogent sur les efforts consentis pour maintenir la ville propre. «Abidjan est censée être la vitrine du pays. Pourtant, lorsqu’on circule dans certains quartiers, on a l’impression que les déchets ont pris le dessus», regrette une habitante rencontrée aux à Saint-Jean.
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Face à cette situation, les populations ne se limitent pas à désigner un seul responsable. Si beaucoup pointent les retards dans la collecte des déchets, d’autres reconnaissent également la part de responsabilité des citoyens eux-mêmes.
«Certaines personnes jettent leurs sachets, bouteilles et restes de nourriture dans les rues sans aucun civisme. On ne peut pas uniquement accuser les autorités», estime Marie Cécile, balayeuse.
Pour plusieurs, la responsabilité est partagée entre les usagers, les opérateurs chargés de la collecte des déchets, parfois accusés d’irrégularités dans leurs interventions, ainsi que les structures publiques en charge de l’assainissement et de la salubrité urbaine.
À travers toutes les communes, les riverains appellent à une meilleure coordination entre tous les acteurs. «Il faut que chacun joue son rôle. Les populations doivent adopter des comportements responsables, les entreprises de collecte doivent être plus efficaces et l’État doit renforcer le suivi des opérations de salubrité», soutient M. Yéo, un habitant de Yopougon.
Malgré leur colère, les habitants gardent l’espoir de voir la situation rapidement s’améliorer. Ils lancent un appel pressant aux autorités compétentes afin d’accélérer l’enlèvement des ordures qui jonchent les rues et les espaces publics.
Pour eux, au-delà de l’image du pays, il s’agit avant tout d’une question de santé publique et de qualité de vie. «Nous voulons retrouver une Abidjan propre, belle et accueillante. Une ville où les déchets ne dictent pas le quotidien des populations, sinon c’est l’image de la capitale économique qui est entachée», plaide Ozoro Véronique.
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En attendant des mesures concrètes, le ras-le-bol continue de monter dans les quartiers de la capitale, où nombreux sont ceux qui rêvent de revoir Abidjan retrouver toute sa reluisance et son statut de ville modèle de la sous-région.
Outre ces appels, le ministère en charge l’assainissement et de la salubrité a donné ; il y a quelques jours, un ultimatum aux opérateurs du secteur de la salubrité afin d’enlever au plus vite ces déchets et ordures qui jonchent les rues et ramener la propreté dans la capitale abidjanaise.









