C’est l’hivernage à Abidjan: il pleut des tuiles sur les commerçants

Le 17/06/2026 à 12h36

VidéoDe mai à novembre, les commerçants abidjanais doivent compter non pas leurs recettes mais avec la grande saison des pluies qui endommage leurs marchandises.

Abidjan vit depuis plusieurs semaines au rythme des averses parfois diluviennes qui s’abattent sans discontinuer. Comme chaque année, les fortes précipitations provoquent des inondations dans plusieurs quartiers, compliquant le quotidien des populations et des commerçants qui voient leurs activités perturbées. Les autorités ont d’ailleurs multiplié les appels à la vigilance face aux risques d’inondations et d’éboulements.

Derrière son étal, Gohi Evelyne observe avec inquiétude la baisse de ses recettes. «Quand il pleut, rien ne marche, les clients préfèrent rester chez eux. Même ceux qui viennent repartent rapidement. Nous passons parfois toute une journée sans faire de bonnes ventes. Souvent, j’emprunte de l’argenta avant de rentrer à la maison».

Même constat chez les livreurs à moto qui affirment que les intempéries affectent leur chiffre d’affaires. Les difficultés d’accès à certains quartiers, les embouteillages et les voies inondées et glissantes les empêchent de circuler librement. Plusieurs axes de circulation ont récemment été affectés par les fortes pluies enregistrées dans le district d’Abidjan, notamment à Bingerville.

Pour les vendeurs installés en bordure de route ou dans des espaces peu protégés, les dégâts matériels constituent une préoccupation majeure. Sous des parapluies de fortune ou parfois sans la moindre protection à l’image de dame Gohi qui dit qu’avant de trouver un abri, sa marchandise est déjà toute trempée.

«Dès que le ciel devient noir, nous stressons. L’eau peut entrer partout. Nous perdons parfois des sacs de riz, du sucre et d’autres produits. Ce sont des pertes que personne ne nous rembourse», déplore une autre commerçante de denrée alimentaire installée sous un hangar fait en bois.

En raison des coulées de boue, des commerçants doivent régulièrement surélever leurs marchandises ou renforcer leurs installations de fortune.

Malgré ces difficultés, beaucoup refusent de céder au découragement. Pour certains, la saison des pluies est devenue une épreuve annuelle à laquelle ils se sont progressivement adaptés. Des parapluies, des bâches supplémentaires et des palettes en bois font désormais partie de leur équipement indispensable.

«Nous n’avons pas le choix. Il faut continuer à travailler pour nourrir nos familles. On prie seulement pour que les pluies ne soient pas trop fortes», explique Akoua Rose, une vendeuse de pains à la mosquée d’Adjamé.

Cette année encore, les prévisions météorologiques annoncent une saison particulièrement surveillée, avec plusieurs zones considérées comme à risque dans le district d’Abidjan. Les autorités poursuivent parallèlement les travaux d’assainissement et de drainage destinés à réduire l’impact des inondations et les drames qui peuvent en découler.

En attendant la fin de cette période, les commerçants à Abidjan continuent de composer avec les caprices du ciel.

Par Emmanuel Djidja (Abidjan, correspondance)
Le 17/06/2026 à 12h36