Ouagadougou. De dépotoir à jardin verdoyant: quand les ordures nourrissent l’art du bien-être

A l'intérieur de l’espace écotouristique Chez Komi.

Le 06/07/2026 à 12h58

VidéoAprès six années de travail, un ancien dépotoir est devenu un symbole de créativité et d’innovation environnementale. A l’espace écotouristique Chez Komi, plasticien et promoteur de cet espace, démontre qu’il est possible de transformer un site autrefois répugnant en un pôle d’attraction.

Là où s’entassaient autrefois des montagnes de déchets, s’étend aujourd’hui un écrin de verdure qui attire chaque semaine près de 6.000 visiteurs. Situé à Karpala à Ouagadougou, l’espace écotouristique est devenu, en quelques années, une destination prisée des familles, des étudiants et des amoureux de la nature.

Au-delà du loisir, ce projet emploie une soixantaine de personnes et participe à la promotion d’un tourisme durable porté par des initiatives locales. Pour son promoteur, ce site a désormais toute sa place dans le patrimoine culturel et touristique burkinabè.

«Retenez que c’était un espace qui était abandonné… Un grand dépotoir qui était très rebutant. Les riverains pourront témoigner de cela», explique Ibrahim Komi, artiste plasticien, promoteur de l’Espace culturel Chez Koli.

Le site offre une diversité d’attractions. Un mini-zoo permet d’observer plusieurs espèces animales, des oiseaux exotiques et des poissons. Les visiteurs peuvent également profiter d’une piscine, explorer des grottes aménagées ou encore embarquer à bord d’un bateau, l’une des plus récentes réalisations de l’espace.

«Étant artiste et acteur de développement, je me suis dit pourquoi pas essayer. Alors j’ai essayé de transformer cet endroit en un lieu paradisiaque, comme vous venez à peine de le constater», se félicite Ibrahim.

Accessible à tous, le site pratique un tarif d’entrée de 500 francs CFA pour les enfants et de 1.000 francs CFA pour les adultes. Des espaces de restauration et de rafraîchissement complètent l’offre pour accueillir les visiteurs dans un cadre convivial.

«Je peux dire que le cadre est un peu chic, du moment où les choses sont en train d’être améliorées. J’ai aussi découvert un bateau…on peut dire que c’est le Titanic burkinabè (rires). Je trouve le cadre très intéressant», confie Issa Yao, visiteur.

Pour de nombreux visiteurs, cette réalisation démontre qu’avec de la créativité, de la persévérance et de l’engagement, les initiatives locales peuvent contribuer au développement économique, social et environnemental.

«Le pays regorge de talents, mais de talents dormants. Un travail doit être fait pour les réveiller. Je pense que l’heure a simplement sonné pour nous», lance Issa Ouédraogo, parent d’élève.

Six années de travaux, d’investissements et d’inspiration ont été nécessaires pour faire émerger ce projet. Mais pour Ibrahim Komi, cette transformation n’est qu’une étape.

L’artiste voit encore plus grand. De nouveaux aménagements sont déjà envisagés pour les quatre prochaines années, avec l’ambition de faire de cet espace une référence de l’écotourisme au Burkina Faso et, au-delà, un exemple africain de reconquête des territoires dégradés grâce au génie local.

Par Jean Paul Windpanga Ouédraogo (Ouagadougou, correspondance)
Le 06/07/2026 à 12h58