Pensée autour du concept de l’économie circulaire, la zone écologique communautaire (ZEC) mise sur le tri sélectif, la sensibilisation des populations et la valorisation des déchets pour améliorer durablement le cadre de vie des habitants.
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Une initiative portée par l’association Recycl’Or basée à Rufisque peuplée de près de 432.000 habitants, soutenue par plusieurs partenaires engagés dans les métiers verts.
Idrissa Thiaw, responsable de la ZEC: «On est ici dans le quartier Thiawlene où on a implanté la zone écologique communautaire qui est une infrastructure légère de gestion des déchets, mais aussi qui promeut l’économie solidaire et les métiers verts.»
Avant le démarrage des activités, un important travail de terrain a été mené auprès des populations. Forums de proximité, campagnes de sensibilisation et échanges avec les habitants ont permis de préparer les esprits à une nouvelle manière de gérer les déchets ménagers.
L’objectif était clair: éradiquer les dépôts sauvages qui défiguraient le quartier, tout en inculquant la culture du tri sélectif dès les ménages.
Idrissa Thiaw «le processus démarre par la caractérisation des déchets pour mieux en connaître la nature. On a démarré par une campagne de communication avec des forums de proximité et une sensibilisation pour éradiquer les dépôts de déchets et le tri sélectif.»
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Aujourd’hui, cette sensibilisation semble porter ses fruits. Dans les concessions, les habitudes changent progressivement. Les habitants trient désormais leurs déchets avant même le passage des collecteurs.
Diaobé Ba, habitante de Thiawlène: «On sensibilisait avec les responsables de la ZEC les populations sur l’importance du tri des ordures. Aujourd’hui, elles ont compris et elles font le tri chez elles avant de faire sortir leurs déchets.»
Une fois triés, les déchets sont collectés grâce à un système de charrettes amovibles qui achemine les différents flux vers la zone écologique communautaire. Plastiques, métaux ou encore déchets organiques sont ensuite séparés et orientés vers les circuits de valorisation.
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Mais au-delà de la propreté et de la protection de l’environnement, la ZEC apporte aussi une réponse concrète aux difficultés économiques de nombreuses femmes du quartier.
Les déchets valorisés sont vendus à des industriels et les gains servent à financer de petites activités génératrices de revenus. Une forme d’économie solidaire qui redonne espoir à plusieurs familles.
«Une fois réceptionnés, ces flux valorisables sont acheminés vers les industriels et les industriels, à chaque fin d’année, nous envoient de l’argent qui revient ensuite au comité de pilotage sous forme de calebasse de l’économie solidaire» explique Idrissa Thiaw.
Grâce à ce mécanisme, plusieurs femmes sans activité ont pu obtenir un premier financement pour lancer un petit commerce.
«Avec le tri, on met à notre disposition une somme. Cette somme est utilisée pour financer les femmes du quartier qui n’avaient pas d’occupation mais qui se retrouvent aujourd’hui avec 50.000 francs par personne. Ce n’est certes pas important, mais c’est un début de commerce. Le remboursement se fait chaque vendredi avec des paiements de 5.500 francs», témoigne Diaobé Ba.
Autre particularité du site: sa dimension pédagogique. La ZEC forme aussi les jeunes et les habitants aux métiers verts et aux bonnes pratiques liées à l’économie circulaire. Un espace d’apprentissage qui prépare déjà les générations futures aux défis environnementaux.
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À Thiawlène, la zone écologique communautaire est aujourd’hui bien plus qu’un centre de gestion des déchets. Entre propreté urbaine, éducation environnementale et autonomisation des femmes, la ZEC s’impose comme un modèle local d’économie circulaire.
Une expérience pilote qui pourrait inspirer d’autres communes du Sénégal confrontées aux défis de l’insalubrité et du chômage.
