À Yopougon, le décor a encore, par endroits, des allures de lendemain de fête. Des rues débarrassées des déchets et des espaces publics mieux dégagés témoignent des efforts consentis pour la célébration de la fête nationale du 7 août. Un mois plus tard, plusieurs habitants reconnaissent que les effets de cette opération d’assainissement restent toujours perceptibles.
«Certains endroits qui étaient constamment sales ont été nettoyés et réaménagés. Il faut maintenant que chacun fasse l’effort de maintenir cet état de propreté», témoigne Ouattara Jules, un riverain rencontré de la commune.
Pour d’autres habitants, la transformation opérée à l’occasion de la fête nationale a surtout démontré qu’une commune propre est possible lorsque les autorités et les populations s’y mettent.
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Mais au fil des semaines, les vieilles habitudes semblent refaire surface. Dans certaines rues, les tas d’ordures réapparaissent. Ici, sachets et autres déchets jonchent les abords des voies. Là, des commerçants investissent à nouveau certains espaces publics donnant une impression de désordre. Dans plusieurs quartiers, les caniveaux, pourtant essentiels à l’évacuation des eaux, servent encore de lieux de dépôt des ordures.
Un constat qui préoccupe les riverains. Car au-delà de la question esthétique, l’obstruction des caniveaux peut favoriser la stagnation des eaux et aggraver les difficultés d’assainissement, notamment pendant les périodes de fortes pluies.
Une benne à ordures ménagères passe pour le ramassage des ordures à Yopougon. . E. Djidja/Le360 Afrique
«On s’attend à ce que la dynamique de propreté initiée par les autorités se poursuive. Malheureusement, c’est le contraire que nous vivons. A quoi sert de nettoyer aujourd’hui si les mêmes comportements se poursuivent le lendemain. Tout est à refaire. La propreté ne doit pas être seulement liée à une cérémonie ou à un événement», estime Kouadio Eugène, habitant de la commune.
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Pour certains, le problème réside donc moins dans l’absence d’actions de salubrité que dans la difficulté à inscrire ces efforts dans la durée. Les mauvaises habitudes de certains riverains, l’abandon des déchets dans les espaces publics et l’occupation anarchique de certains emplacements constituent autant de facteurs qui fragilisent les acquis obtenus ces derniers mois.
Face à cette situation qui risque de ternir l’image de Yopougon, le premier magistrat de la commune entend désormais accentuer la vigilance. Depuis quelques jours, accompagné de son équipe, il multiplie les descentes inopinées dans différentes rues et espaces de la commune. Sur le terrain, l’objectif est clair: ramener à l’ordre les irrespectueux des règles de propreté dans la commune, maintenir la propreté et la salubrité. Une démarche qui se veut également préventive, notamment garder les efforts entrepris, mais surtout préserver la nouvelle image dont Yopougon a bénéficié à cette occasion. La propreté, désormais, ne devrait plus être perçue comme une opération ponctuelle, mais comme une responsabilité quotidienne.
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Car si les autorités peuvent nettoyer, aménager et contrôler, la durabilité des acquis dépend aussi du comportement des habitants. Ne pas jeter ses déchets dans la rue, préserver les caniveaux, respecter les espaces publics et éviter les occupations anarchiques: autant de gestes simples qui pourraient permettre à Yopougon de conserver durablement son nouveau visage.
Un mois après les festivités nationales, le défi est donc moins de faire peau neuve que de garder cette peau neuve. Et sur le terrain, la responsabilité est donc collective.