Côte d’Ivoire. Yopougon-Attécoubé: route rénovée, confort retrouvé... mais ralentisseurs souhaités

Le 08/09/2026 à 10h37

VidéoAprès trois années de laisser-aller, la route reliant Yopougon à Attécoubé en passant par Koweït, Abobodoumé et Lokodjro a été réhabilitée et fait le bonheur des usagers et des professionnels du transport qui peuvent désormais augmenter le nombre des rotations. Leur tiroir-caisse ne s’en plaint pas. Pas leurs clients qui leur reprochent les excès de vitesse.

Le changement est visible. Sur cet axe autrefois difficilement praticable, les usagers redécouvrent aujourd’hui une chaussée réhabilitée, plus agréable et surtout plus fluide. De Yopougon à Attécoubé, en passant par les quartiers Agbayaté, Santé, Abobodoumé et Lokodjro, la circulation semble avoir retrouvé un nouveau souffle. De quoi réjouir usagers et automobilistes abidjanais.

«On remercie les autorités d’avoir retapé cette voie parce que nous avions toutes les difficultés du monde pour quitter Koweït en direction de Abobodoumé», témoigne Gnonka Daniel, un habitué de cette route.

Pendant près de trois ans, l’état de dégradation de cette voie était source de désagréments pour les transporteurs et les habitants des quartiers avoisinants. Nids-de-poule, chaussée dégradée et difficultés de circulation rendaient les trajets particulièrement éprouvants, avec des conséquences non négligeables sur le temps de parcours et l’état des véhicules.

«Nous étions constamment confrontés à des embouteillages. On roulait au ralenti pour éviter les dégâts aux véhicules avec les conséquences sur nos recettes que je vous laisse deviner. Mais aujourd’hui, on peut augmenter le nombre de rotations sans souci», confie Karamoko Inoussa, chauffeur de taxi.

Dame Koué Lydie, habitante du quartier dénonce quant à elle «les chauffeurs en ont profité pour augmenter à 500 Fcfa le tarif du transport qui était de 200 Fcfa pour faire le trajet entre Abobodoumé et Koweït».

Pour de nombreux usagers, cette voie représente bien plus qu’une simple route mais un raccourci permettant de relier plus facilement Yopougon au centre des affaires du Plateau, à Treichville et les autres communes situées après la lagune.

Dans les quartiers traversés, les habitants se réjouissent également de cette amélioration. Une route en bon état facilite les déplacements quotidiens, l’accès aux activités économiques et les échanges entre les différentes communes. Et pour les transporteurs, c’est l’espoir de réduire les pannes et les dépenses liées à l’entretien des véhicules.

Au-delà du confort retrouvé, cette réhabilitation est perçue comme une amélioration concrète du quotidien des Abidjanais. Mais pour les usagers, le défi est désormais de préserver cette infrastructure fraîchement remise à neuf.

«La route s’était dégradée en raison des eaux usées qui provenaient des quartiers limitrophes et également des comportements des habitants qui jettent les ordures dans les caniveaux, gestes qui bouchent les regards. A force de jeter ses ordures n’importe où, l’eau polluée déborde des canaux et finit par se déverser sur la chaussée contribuant ainsi à sa dégradation. Maintenant, l’Etat a rempli sa mission, c’est à nous, habitants, de jouer le nôtre en prenant soin de l’infrastructure», conseille Utché Tchuku, commerce au quartier Agbayaté.

Même si les uns et les autres se réjouissent et accueillent avec enthousiasme cette nouvelle infrastructure, il n’en demeure pas moins qu’ils soulèvent d’autres attentes.

Conducteurs, transporteurs et riverains sont ainsi appelés à adopter des comportements responsables en respectant les règles de la circulation. Il leur faudra également diminuer la vitesse, éviter les stationnements anarchiques et surtout contribuer à la protection de cette voie qui rend tant de services à tout le monde.

Car une route nouvellement réhabilitée ne peut rester en bon état sans un entretien régulier et une utilisation responsable par ses différents usagers.

«Comme la route est désormais en bon état, les chauffeurs circulent à vive allure mettant en danger la vie des populations. À peine achevée, la route a déjà enregistré des accidents mortels. Pour éviter cela, nous avions sollicité la construction de ralentisseurs mais notre doléance est tombée dans l’oreille d’un sourd mettant en danger nos enfants», interpelle dame Koué.

Après des années de difficultés, l’axe Yopougon-Attécoubé via Koweït, Abobodoumé et Lokodjro tourne donc une nouvelle page. Un nouveau visage qui redonne le sourire aux habitués et qui rappelle surtout une évidence; une infrastructure réalisée pour améliorer la mobilité de tous doit être protégée par tous.

Par Emmanuel Djidja (Abidjan, correspondance)
Le 08/09/2026 à 10h37