Homosexualité au Sénégal: 71 personnes renvoyées devant un tribunal

Les homosexuels ivoiriens face au rejet de la société.

Le 08/08/2026 à 17h54

Soixante-et-onze hommes, arrêtés ces derniers mois au Sénégal qui a durci sa répression de l’homosexualité, ont été renvoyés devant un tribunal pour «actes contre nature» et 28 autres inculpés bénéficient d’un non-lieu total, a annoncé le parquet dans un communiqué vendredi soir.

Le Sénégal a voté en mars une nouvelle loi doublant les peines pour relations homosexuelles, désormais passibles de cinq à dix ans de prison.

Ces derniers mois, plus d’une centaine de personnes - en très grande majorité des hommes et dont des célébrités locales, certaines étant en particulier accusées d’avoir volontairement transmis le sida - avaient été arrêtées dans ce pays pour homosexualité présumée, dans un contexte marqué par une vague d’homophobie.

Au terme de l’instruction, «28 inculpés ont bénéficié d’un non-lieu total tandis que 71 ont été renvoyés pour les infractions d’association de malfaiteurs et d’actes contre nature», annonce dans son communiqué Saliou Dicko, procureur de la République auprès du tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye, dans la région de Dakar.

Au terme de l’instruction, les infractions de «mise en danger de la vie d’autrui, de transmission volontaire du VIH SIDA» ont, elles, fait l’objet d’un non-lieu, précise-t-il.

Le procureur Saliou Dicko a déclaré samedi à l’AFP qu’un ressortissant français, un ingénieur d’une trentaine d’années résidant à Dakar et en détention au Sénégal depuis le 14 février, notamment pour «actes contre-nature», a bénéficié du non-lieu.

Mais le ministère public, «qui avait requis le renvoi de tous les inculpés pour ces diverses infractions» a d’ores et déjà interjeté appel, ajoute-t-il dans le communiqué. L’appel devrait intervenir dans quelques semaines.

Ces derniers mois, plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest ont promulgué des lois condamnant l’homosexualité, une première pour certains Etats, qui s’inscrit dans une tendance générale à la répression de la communauté LGBT+ sur le continent.

Seule une vingtaine de pays africains sur 54 ne criminalisent pas l’homosexualité.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 08/08/2026 à 17h54