Le Malawi va rapatrier ses ressortissants d’Afrique du Sud en raison des attaques xénophobes

Des membres du Service de police sud-africain (SAPS) et de la police métropolitaine de Durban escortent les ressortissants étrangers jusqu'à un bus du centre Diakonia jusqu'aux bureaux du ministère de l'Intérieur où ils seront contrôlés à Durban le 21 mai 2026.. AFP or licensors

Le 03/06/2026 à 16h09

Le gouvernement du Malawi a annoncé le lancement prochainement d’une opération de rapatriement volontaire de ses ressortissants vivant en Afrique du Sud, à la suite de manifestations xénophobes et d’attaques visant des migrants africains dans certaines régions du pays.

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a indiqué qu’il suivait de près les informations faisant état d’attaques contre des migrants africains et qu’il avait engagé des discussions avec les autorités sud-africaines par les voies diplomatiques. «Par l’intermédiaire du Haut-Commissariat du Malawi à Pretoria et du Consulat général à Johannesburg, le ministère est resté en contact avec les dirigeants des organisations de la diaspora malawienne en Afrique du Sud afin d’évaluer la situation et d’apporter l’assistance nécessaire aux personnes touchées», indique le ministère.

Le communiqué précise avoir entrepris plusieurs initiatives diplomatiques auprès du gouvernement sud-africain depuis le début des manifestations.

Il a également souligné que l’opération de rapatriement volontaire concernera uniquement les ressortissants malawiens qui auront exprimé de leur plein gré leur volonté de rentrer au pays et qui auront besoin d’un soutien logistique.

Le ministère a par ailleurs mis en garde les Malawiens vivant en Afrique du Sud contre les individus se faisant passer pour des représentants du gouvernement, précisant qu’aucune personne ni institution n’a été mandatée pour gérer l’opération de rapatriement.

La veille, le Mozambique a entamé une opération de rapatriement de près de 600 ressortissants originaires des provinces méridionales de Gaza, Inhambane, Maputo et de la ville de Maputo, ainsi que de la province de Manica dans la région centrale.

Les autorités ont confirmé que cinq ressortissants mozambicains ont été tués lors d’attaques xénophobes survenues vendredi dernier dans la ville côtière de Mossel Bay (380 km à l’est du Cap).

La semaine dernière, un groupe de 295 ressortissants ghanéens ont été rapatriés, après des vagues de manifestations anti-immigrés en Afrique du Sud ayant accentué les inquiétudes liées à la sécurité.

Le Haut-commissaire du Ghana en Afrique du Sud, Benjamin Quashie, a assuré qu’environ 890 personnes s’étaient déjà inscrites au programme de rapatriement, précisant qu’un autre vol devrait partir dans les prochains jours.

Ce rapatriement intervient alors que les tensions autour de l’immigration illégale continuent de croître en Afrique du Sud, avec des manifestations nationales prévues le 30 juin 2026.

D’autres pays africains, notamment le Kenya, le Malawi, le Lesotho et le Zimbabwe, ont conseillé à leurs ressortissants de rester prudents face aux craintes de nouvelles violences ciblant les étrangers.

Le Nigeria a confirmé qu’au moins 130 Nigérians s’étaient inscrits pour des vols de rapatriement volontaire.

L’Afrique du Sud est actuellement secouée par une poussée xénophobe, qui se manifeste par une série de manifestations contre l’immigration illégale, notamment à Pretoria, Johannesburg et à Durban, à l’initiative de groupes qui reprochent aux autorités de ne pas en faire assez pour lutter contre les ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le pays.

Dans la «nation arc-en-ciel» où vivraient plus de trois millions d’immigrés, la xénophobie est de plus en plus prégnante et cible surtout les ressortissants africains.

Dans la pire vague de violence de ces deux dernières décennies, 62 personnes avaient perdu la vie en 2008.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 03/06/2026 à 16h09