Mali. Ameublement: la souplesse du rotin ou l’inflexible de l’industrie ? le fait main fait de la résistance

Le 11/10/2026 à 10h43

VidéoÀ Hamdallaye, quartier de Bamako, se côtoient les fabricants de meubles en rotin et ceux qui vendent du mobilier industriel. Les premiers ont pour eux la souplesse entêtée d’une fibre végétale qu’ils manient à leur guise, les seconds des produits prêts-à-l’emploi qui se vendent rapidement. Deux matériaux, deux façons de vivre des chaises, des sommiers... Découverte.

Plusieurs fabricants de meubles en rotin y sont installés. Ces artisans fabriquent tout type de meubles en rotin, cette fibre végétale solide et souple issue des tiges de lianes de palmiers. Entre les main de ces artisans, le rotin devient fauteuils, lits, canapés et tout autre mobilier d’intérieur.

Pour leur créations, ils se servent de cette matière malléable issues des grandes forêts à la frontière entre la Guinée et le Mali. A côté des fabricants de meubles à l’aide du rotin, d’autres font les matelas et les oreillers à partir du coton et des tiges de riz.

Soumaïla Diarra est un confectionneur de matelas et d’oreillers depuis près de 20 ans. Un métier qu’il hérité de son père mais qui est confronté à la concurrence des meubles industriels «autrefois, beaucoup de clients achetaient des meubles en rotins, tel n’est pas le cas aujourd’hui. Le marché est inondé de meubles de toutes sortes».

Pour sa part, Soumaïla Sanogo, un autre artisan dira qu’il «rencontre des problèmes d’approvisionnement en matière première, notamment, le rotin. Malgré ces difficultés, le métier m’a permis de construire ma vie». Il précise que la fabrication d’une armoire demande environ trois jours de travail. «C’est un métier qui peut être rentable mais qui exige beaucoup de patience».

Soumaïla Sanogo reste pessimiste quant à l’avenir de ce métier. «Les jeunes d’aujourd’hui ont parfois du mal à être constant et à s’investir durablement dans ce type de métier».

Par Diemba Moussa Konaté (Bamako, correspondance)
Le 11/10/2026 à 10h43