Mali: Daouda Diarra, l’apiculteur qui fait de l’abeille un trésor national

Une récolte de miel.

Le 06/05/2026 à 14h02

VidéoDétenteur d’un brevet de technicien en apiculture, Daouda Diarra a installé ses ruches en plein champ, là où les abeilles sont doublement utiles. En butinant les fleurs, ces hyménoptères récoltent nectar et pollen. Le premier donnera du miel aux mille vertus et le second est indispensable à la reproduction des cultures. Rencontre.

L’idée a commencé à germer en 2008 mais ce n’est que trois plus tard que «j’ai formalisé mon entreprise», comme il se plait à préciser.

Par cette clarification, Daouda Diarra semble vouloir dire qu’avant de se lancer dans l’élevage des abeilles, il faut d’abord accomplir un travail de fourmi. Et cette philosophie porte ses fruits.

En plus de l’extraction de l’onctueux liquide, l’apiculteur valorise les dérivés du miel en fabriquant du savon, de la cire, des pommades et même la crème à lèvre.

Selon notre apiculteur, «quand un apiculteur voit des abeilles dans la ruche, il est doublement content par ce qu’il sait qu’il va récolter du miel et que son champ aussi va bénéficier de la pollinisation» dit celui qui a fait le vœu de voir «les abeilles protégées comme un trésor national» et le Mali «un pays où chaque village a ses apiculteurs formés».

En attendant que l’abeille soit reine nationale, l’apiculteur estime sa récolte entre en «quatre et cinq tonne de miel dont la qualité est surtout due à la qualité de l’environnement dans lequel sont installées les ruches».

Au abords du fleuve Djoliba, sont placées ses ruches entourées de manguiers, d’acajous, d’eucalyptus, de néré, de Karité... Cette proximité permet de maintenir à flots la production agricole.

L’Organisation des Nations unies chargée de l’agriculture et l’alimentation (FAO) estime qu’environ 75% des cultures vivrières mondiales dépendent des pollinisateurs.

S’agissant d’apiculture plus particulièrement, la FAO souligne que «l’Afrique est la région du monde où la production de miel croît au rythme le plus élevé» de quoi motiver davantage les apiculteurs maliens.

Dans cette exploitation aux abords du fleuve, les conditions sont ainsi réunies pour permettre aux abeilles de donner du miel en quantité, de bonne qualité, et de favoriser la pleine croissance des plantes.

Contrairement à d’autres apiculteurs, Daouda Diarra utilise l’enfumoir pour la récolte du miel car «cet appareil est l’arme offensive et défensive de l’apiculteur. La fumée permet de calmer les abeilles. Et parce qu’on fait brûler les fane de maïs ou de la bouse, donc biodégradables, la fumée qui se dégage de l’enfumoir protège aussi l’environnement».

Mamadou Bagayoko, fidèle client du producteur bio, est grand consommateur de miel ce qui lui permet de se prémunir de certaines maladies «j’encourage tout le monde à consommer sans modération de tels des produits locaux».

Et cela ne devrait pas être difficile car le Mali dispose d’une flore abondante et diversifiée qui permet aux abeilles de s’approvisionner en nectar et pollen et de produire un miel de qualité.

Par Diemba Moussa Konaté (Bamako, correspondance)
Le 06/05/2026 à 14h02