Mali. Les motos de grosse cylindrée interdites: «À situation exceptionnelles, décisions exceptionnelles»

Les motos constituent le moyen de locomotion privilégié des djihadistes sahéliens.

Le 15/06/2026 à 15h35

VidéoPour contrecarrer la menace terroriste, le gouvernement a interdit les grosses cylindrées et l’accès à certains massifs forestiers. Voilà ce qu’en pensent des Bamakois.

Le 3 juin 2026 le gouvernement du Mali a publié un arrêté interministériel interdisant, jusqu’à nouvel ordre, la circulation des motos de 125 cm³ et plus en dehors des grandes agglomérations. Le même arrêté suspend l’importation, le transit et la commercialisation de ces engins sur l’ensemble du territoire national.

Réputées refuges des terroristes, certaines forêts sont désormais interdites d’accès à la population pour mieux traquer.

Hassoum Dicko, coordinateur du programme de la formation citoyenne et de la gouvernance locale, estime que «à situation exceptionnelle, décisions sont exceptionnelles, cela permet au Mali d’être sécurisé et au gouvernement de sécuriser la population».

Il ajoute que «les gens qui se plaignent de la suspension des motos à gros cylindré doivent comprendre que c’est une suspension temporaire. Le gouvernement a compris que nos ennemis circulent avec les mêmes motos. Pour lui cette décision permet de faire la différence entre les ennemis et la population».

Pour ce que concerne les forêts classées, Hassoum Dicko, que «le fait d’interdire certaines forêts à la population, cela n’est pas une décision qu’il faut percevoir dans le mauvais. Cette décision vise aller traquer les terroristes jusque dans leur dernier retranchement. Selon lui, on a remarqué que ces parcs sont pris par les terroristes comme leur siège et que ce sont des nids qui sont très dangereux pour la sécurité du pays».

Monsieur Dicko invite les compatriotes à comprendre la teneur de ces décisions qui sont prises dans un contexte déterminé.

Pour sa part, le chargé de communication du collectif de Défense des militaires, Mamoutou Coulibaly, estime que «quand un pays est en guerre, comme le nôtre, il doit prendre des mesures exceptionnelles qui lui permettent de s’en sortir et retrouver la paix. J’approuve pas conséquent les deux décisions prises par les autorités. J’invite les Maliens à se conformer aux orientations du gouvernement». Il clôt son témoignage avec l’espoir que «ces décisions contribueront à réduire la menace terroriste sur l’étendue du territoire malien».

Par Diemba Moussa Konaté (Bamako, correspondance)
Le 15/06/2026 à 15h35