De nombreuses pathologies graves peuvent progresser sans que la moindre douleur ne se fasse ressentir pendant des années. L’absence de dépistage précoce entraine ainsi des diagnostics tardifs, souvent à des stades irréversibles de la maladie.
C’est pourquoi les professionnels de la santé conseillent le bilan de santé, même en l’absence de symptômes. Pour Benjamin Deffo Fotso, infirmier diplômé d’Etat dans une clinique à Yaoundé, il y a au moins trois bonnes raisons pour se rendre dans un centre d’analyses médicales, lesquelles seront remises à un médecin traitant.
«Le bilan de santé a trois finalités. Curative d’abord, parce qu’il permet au corps médical de traiter le patient d’une éventuelle maladie révélée par les résultats du bilan. La deuxième porte sur le conseil, le médecin peut dans ce cas prodiguer des recommandations même si aucune maladie n’a été détectée. Enfin, la troisième est préventive et met le sujet à l’abri de certaines pathologies. Cette dernière finalité est la plus importante car qu’elle permet de traiter les patients de maladies qui peuvent s’avérer dangereuses».
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Les statistiques du ministère de la Santé publique indiquent que près de 80% des Camerounais atteints du diabète ignorent leur état faute de diagnostic. Plus grave, plus de 1.000 patients sont actuellement sous dialyse, un traitement lourd et très onéreux qui aurait pu être évité par un bilan urinaire ou sanguin précoce.
À Yaoundé, certains en revanche reconnaissent l’importance du bilan de santé préventif mais sont découragés par le coût qu’ils jugent excessif tant dans les formations sanitaires publiques que privées.
Ada James, agriculteur du village Mengong dans la région du Sud, cite le cas de personnes qui ont dépensé une fortune pour ce genre d’acte médical «j’ai vu des gens faire un bilan de santé et je vous jure que les prix ne m’ont pas encouragé. L’un l’a fait à 70.000 Fcfa et l’autre à près de 400.000 Fcfa. Il faut vraiment être bien nanti pour se lancer dans cet exercice. Je préfère attendre d’être malade pour consulter», a-t-il confié.
Ajoutons aussi que la pauvreté ambiante contraint de nombreuses personnes à recourir à la médecine traditionnelle.
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En règle générale, les professionnels de la santé conseillent en priorité le bilan sanguin qui inclut la glycémie, la créatinine, le cholestérol et la numération formule sanguine qui mesure le taux de globules rouges, globules blancs et plaquettes.
Sont également conseillés par les praticiens, toutes spécialités confondues, le dépistage des maladies infectieuses comme le VIH, les hépatites et le paludisme. La mesure régulière de la tension artérielle, pour prévenir les risques cardio-vasculaires, est fortement conseillée.
