Des milliers de personnes originaires d’Afrique de l’Ouest, en majorité des jeunes, tentent depuis des années la migration clandestine depuis les côtes de leurs pays en empruntant la périlleuse route de l’Atlantique pour gagner l’Europe, principalement via l’archipel espagnol des Canaries, à bord d’embarcations surchargées et souvent vétustes.
Quelque «1.187 (migrants) ont été secourus depuis le 28 mai 2026, ce qui représente une forte concentration des opérations de sauvetage sur cette période récente», a indiqué mardi à l’AFP Ahmed Moulaye, directeur de la lutte contre la migration irrégulière des gardes-côtes mauritanienne.
Depuis le début de l’année, les gardes-côtes et la marine nationale ont porté secours à 1.417 migrants en mer.
«À ce rythme, les arrivées pourraient atteindre un niveau inédit cette année», estime M. Moulaye.
Cette reprise des départs a eu lieu quelques jours après la grande fête musulmane de la Tabaski fin mai, après une période d’accalmie de plusieurs mois des sauvetages en mer.
Les huit pirogues interceptées depuis le 28 mai venaient de Gambie et du Sénégal voisins, sans que les nationalités de leurs passagers aient été précisées, a indiqué à l’AFP Pierre Beziz, diplomate européen en poste à Nouakchott.
L’une d’entre elles a été arrêtée ce mardi vers 02 heures (locales et GMT), au large de Mamghar, à environ 200 km au nord de la capitale, Nouakchott, selon les gardes-côtes.
Tous les migrants ont été accueillis dans de nouveaux Centres d’accueil temporaires pour étrangers (CATE), à Nouakchott et Nouadhibou (nord-ouest), financés par l’Union européenne, où ils ont été enregistrés pour déterminer s’ils sont vulnérables ou éligibles à la protection internationale.
«Dans le même temps, il y a eu zéro arrivée aux Canaries, alors qu’on s’attendait à ce qu’il y ait une quantité égale qui y arrive», a souligné Pierre Beziz.
Le renforcement récent des contrôles en mer au Sénégal, en Mauritanie et au Maroc a conduit les départs des pirogues clandestines vers les Canaries à se déplacer vers le sud, notamment depuis les côtes de Gambie et de Guinée-Conakry, rallongeant le temps passé en mer et augmentant les dangers.
A la recherche d’un avenir meilleur et au péril de leurs vies, nombre d’exilés africains sont forcés d’emprunter la voie clandestine, l’Europe ayant drastiquement restreint la délivrance de visas et contrôlant de plus en plus ses frontières.
Des milliers de personnes sont mortes ou disparues en tentant de rejoindre ainsi l’Europe ces dernières années.
