Sénégal: au moins 34 morts dans le naufrage d’une pirogue de migrants dans le nord-ouest

Naufrage d'un bateau.

Le 08/11/2026 à 20h06

Le bilan du naufrage d’une pirogue de migrants au large de Kébémer, dans le nord-ouest du Sénégal, est passé de 21 à 34 morts, selon un nouveau décompte provisoire rapporté dimanche par les médias publics sénégalais et une ONG.

Des milliers de personnes originaires d’Afrique de l’Ouest, en majorité des jeunes, tentent depuis des années de gagner clandestinement l’Europe en empruntant la route de l’Atlantique, principalement vers l’archipel espagnol des Canaries, à bord d’embarcations surchargées et souvent vétustes.

Samedi soir, le ministère sénégalais de l’Intérieur avait fait état de la mort de 21 personnes et d’un rescapé dans le naufrage d’une pirogue de migrants au large de Kébémer, indiquant dans un communiqué que les recherches d’éventuels survivants se poursuivaient.

Dimanche après-midi, le bilan est passé à 34 morts, selon les médias publics sénégalais.

«Au moins 34 personnes ont perdu la vie et un nombre indéterminé d’individus» sont «portés disparus dans cet accident en mer», a écrit l’Agence de Presse Sénégalaise (APS).

Selon le quotidien national Le Soleil, qui confirme également les 34 morts, le drame a eu lieu au large des côtes de la localité de Loumpoul, dans la région de Louga (département de Kébémer), entre Dakar et Saint-Louis.

«La plupart des victimes seraient originaires des communes de Léona et de Thiéppe», dans le même département, ajoute le quotidien.

Le bilan a également été confirmé par l’ONG Action pour les droits humains et l’amitié (ADHA), qui indique que le naufrage a «coûté la vie à 34 personnes» et laisse «un seul rescapé», dans un communiqué transmis à l’AFP.

«Toutes les autorités et tous les moyens de l’État sont mobilisés pour retrouver les disparus, prendre en charge les survivants et accompagner les familles», a écrit dimanche sur Facebook le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye.

Une source au ministère de l’Intérieur a indiqué à l’AFP que «le bilan va malheureusement s’alourdir.»

Le ministre de l’Intérieur doit se rendre sur les lieux lundi pour «témoigner aux familles des victimes et aux populations affectées la compassion et la solidarité de l’État», selon un communiqué.

«Le naufrage s’est produit vendredi», a expliqué à l’AFP Saliou Diouf, fondateur de «Boza Fii», une des principales associations d’aide aux migrants au Sénégal.

«On ne sait pas exactement s’il y a d’autres nationalités car les recherches se poursuivent. Mais les corps repêchés hier (samedi) sont ceux de Sénégalais», a précisé M. Diouf.

«Raisons d’espérer ici»

Samedi également, la gendarmerie sénégalaise avait annoncé avoir intercepté vendredi au large de Dakar 142 migrants clandestins, dont des femmes et des enfants, qui tentaient de rejoindre l’Espagne à bord d’une pirogue.

Parmi les personnes interceptées figuraient 40 Sénégalais dont quatre femmes, 93 Gambiens dont 17 femmes, un ressortissant de Guinée-Bissau, deux Guinéens et deux Nigérians, selon la gendarmerie. Le groupe comptait également deux nourrissons et deux enfants mineurs.

Pour fuir les conflits ravageant leurs pays ou l’autoritarisme des juntes, ou à la recherche d’un avenir meilleur face à la pauvreté et au manque d’opportunités chez eux, des milliers de jeunes Ouest-Africains tentent depuis des années d’émigrer, notamment vers l’Europe.

Des milliers de personnes sont mortes ou ont disparu en tentant de rejoindre ainsi l’Europe ces dernières années.

Fin octobre, l’ONG ADHA avait interpellé le Sénégal sur la persistance de «départs dangereux» vers l’Europe de migrants, dont «près de 1.000» Ouest-Africains arrivés aux Canaries espagnoles les 22 et 23 octobre.

«Aucun départ ne devrait avoir la mer pour seul horizon. Nous poursuivrons sans relâche la lutte contre ceux qui organisent ces traversées et le travail qui donne à notre jeunesse des raisons d’espérer ici», a assuré dimanche le président Faye.

Le renforcement récent des contrôles en mer par le Sénégal, la Mauritanie et le Maroc a repoussé les départs de pirogues pour les Canaries vers le sud, vers les côtes de Gambie, de Guinée-Bissau et de Guinée, allongeant encore la durée des dangereuses traversées.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 08/11/2026 à 20h06