Sénégal: le cri du cœur des artisans de la station balnéaire Saly

Des articles exposés par les artisans de la station balnéaire de Saly.

Le 01/06/2026 à 13h11

VidéoLa station balnéaire Saly Portudal, fleuron touristique de la Petite Côte sénégalaise, fait face à de profondes mutations économiques. Entre perte d’exclusivité, cherté des transports et défis sécuritaires, les artisans locaux impactés luttent pour préserver leur savoir-faire.

Dans les allées colorées du village, le constat est unanime: le marché s’est saturé au fil des années. Les étals autrefois uniques proposent désormais les mêmes produits, diluant l’intérêt des acheteurs.

Momar Diaw, président du village artisanal de Saly Portudal: «l’artisanat à Saly, c’était mieux avant. Mais cela a une cause: avant, c’était rare, mais aujourd’hui, les objets sont vendus partout.»

Malgré la rude concurrence, la passion des créateurs reste intacte dans les ateliers de Saly. Chaque pièce raconte l’histoire d’un engagement pour l’excellence et le patriotisme économique.

Ndiassé Séye, artisan explique: «Nous faisons de belles choses et de qualité. Je vends des ceintures, des sacs et des chaussures. Comme disait l’ancien président Wade, il faut consommer local et le faire savoir à tous.»

Le Sénégal continue de séduire par ses atouts climatiques exceptionnels et sa douceur de vivre légendaire. La Petite Côte demeure un refuge recherché pour les voyageurs en quête de repos et de dépaysement.

«Le Sénégal est une bonne destination, prisée par les Européens. Ici, on a le soleil 365 jours sur 365, la paix, l’accueil et la tranquillité. Ça n’existe nulle part ailleurs», explique Ousmane Ndiaye.

Les touristes ne cachent pas leur émerveillement face à la chaleur humaine et aux richesses culinaires de la région. Entre les plages dorées et les saveurs locales, le charme sénégalais opère toujours avec la même intensité.

«Je suis très, très contente d’être venue dans ce pays. Un beau pays, magnifique, les gens sont sympas, accueillants. Il y a de belles choses, l’artisanat est beau, mais j’adore par-dessus tout le poisson vendu ici», avance Wahida, touriste.

Pour sauver ce secteur vital, des mesures urgentes doivent être engagées pour rendre la destination plus accessible financièrement. Par ailleurs, la protection des visiteurs contre la recrudescence des agressions nocturnes est devenue une priorité absolue.

«Pour redonner l’espoir aux artisans, il faut diminuer le prix des billets d’avion qui sont trop chers. La destination Sénégal est trop chère, les clients s’en plaignent. Il faut aussi renforcer la sécurité à Saly», avance Momar Diaw, président du village artisanal de Saly Portudal.

L’artisanat de Saly Portudal se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins, tiraillé entre sa beauté légendaire et des réalités économiques étouffantes. Si la Teranga et le soleil continuent d’opérer leur magie, l’avenir du village artisanal dépendra de la capacité des autorités à rendre le ciel sénégalais plus accessible et ses rues plus sûres.

Par Moustapha Cissé (Dakar, correspondance)
Le 01/06/2026 à 13h11