Burkina Faso. Développement du foot féminin: la balle est dans le camp des académies et des bailleurs de fonds

Footballeuses burkinabè

Le 28/08/2026 à 10h02

VidéoAprès un parcours salué à la dernière CAN féminine, les Étalons Dames ont quitté la compétition avec trois points au compteur. Une performance qui ravive le débat sur les primes de performance des joueuses.

Les Étalons Dames quittent la CAN féminine qui s’est déroulée au Maroc après un parcours qui aura marqué les esprits. Pour leur retour à ce niveau de la compétition, les Burkinabè ont livré bataille dans un groupe B relevé, derrière la Côte d’Ivoire, leader avec 7 points, et l’Afrique du Sud, deuxième avec 4 points. Avec 3 points, le Burkina Faso termine troisième, un bilan salué par les supporters.

«J’étais submergé par la joie. Parce qu’en tant que coach, je suis content que nos vaillantes filles se soient qualifiées. Et donc, je ne peux que remercier Dieu pour cette étape», apprécie Roger Koumssaaga, coach de l’AS Wend Tell Kamba, une académie de football de la commune de Saaba à Ouagadougou.

«Je pense que la formation des filles dans le football est une belle initiative. Elle est à encourager et il faut surtout le faire pour les encadreurs. Il leur faut un réel soutien», reconnaît Idrissa Ouédraogo, supporter, résident à Ouagadougou.

Mais au-delà du terrain, une question revient dans les discussions: celle des primes. Pour plusieurs observateurs, leur revalorisation devient incontournable afin de mieux préparer les prochaines échéances.

Avant la CAN, les désaccords sur le montant des primes avaient suscité de vives tensions. Selon l’ex-coach Pascal Sawadogo, ces différends ont lourdement perturbé le départ et la préparation des Étalons Dames au Maroc.

«Avec ces primes, surtout si on les compare aux pays voisins, ça décourage nos filles», déplore coach Roger Koumssaaga.

Les avis convergent toutefois. Pour de nombreux Burkinabè, l’avenir du football féminin passe aussi par la création d’académies dédiées à la formation des jeunes filles. Car au-delà des primes, c’est dans la formation que se construisent les grandes équipes.

«Le football, ça commence dès la base. Il s’agit de créer des académies pour former les filles. On applique ce qui se fait chez les hommes vous verrez naître des équipes dynamiques, avec des joueuses de classe internationale comme c’est le cas au Nigeria et au Cameroun. Pourquoi pas le Burkina Faso», lance Chris Mathieu Ouédraogo, coach sportif.

Une aventure s’achève donc en phase de groupes, mais le défi reste entier, transformer cette expérience en tremplin pour l’avenir du football féminin burkinabè et africain.

Par Jean Paul Windpanga Ouédraogo (Ouagadougou, correspondance)
Le 28/08/2026 à 10h02