Côte d’Ivoire. Renard à la tête des Éléphants: ce qu’en pensent les supporters

Le nouveau sélectionneur des Éléphants de Côte d'Ivoire à côté du trophée de la CAN.

Le 12/08/2026 à 11h18

VidéoNommé le 4 août, Hervé Renard retrouve une équipe qu’il connaît bien. Mais si certains voient dans ce retour le choix de l’expérience, d’autres regrettent le départ d’Emerse Faé et s’interrogent sur l’opportunité de changer de nouveau de technicien.

Dans les rues d’Abidjan, le nom d’Hervé Renard ravive de bons souvenirs. Pour une partie des supporters, difficile d’oublier cette CAN 2015 remportée en Guinée équatoriale, au terme d’une finale mémorable contre le Ghana. Son expérience du football africain et sa capacité à gérer les grandes compétitions sont ainsi perçues comme de véritables atouts.

Beaucoup se rappellent qu’il a brisé 23 ans de disette en offrant la deuxième étoile à la Côte d’Ivoire. Son retour est vu comme le retour de la «chemise blanche de la gloire».

«Je salue le choix de la Fédération, un choix lucide et pertinent. C’est un tacticien connaisseur du football africain, rigoureux qui vient donner un nouveau souffle à l’organisation de l’équipe», se réjouit Landry Séka, un habitant de Yopougon.

Comme lui, plusieurs autres ne dissimulent pas leur joie de retrouver un autre artisan de sacre ivoirien. «C’est un entraîneur qui connaît la maison et qui sait comment gagner une CAN. Son retour peut apporter de la rigueur et de la confiance aux joueurs car il saura effectuer les bonnes sélections et mettre en place le jeu qu’il faut pour gagner la Côte d’Ivoire», renchérit Guy Tressia, ancien journaliste sportif.

Pour ces amoureux des Éléphants, ce changement peut permettre à la sélection de franchir un nouveau cap après son parcours prochain.

Mais cet enthousiasme n’est pas partagé par tous. Le choix de la FIF de remplacer Emerse Faé, non reconduit malgré son titre à la CAN 2023 et un parcours honorable jusqu’en 16es de finale du Mondial 2026, passe mal auprès de nombreux Ivoiriens. Ceux-ci estiment qu’il y a un sentiment d’injustice envers l’expertise locale qui aura tout donné pour la Côte d’Ivoire, «On veut notre Faé, je préfère l’expertise locale», Tiendiogo Abou, s’irritent de nombreux.

Il aurait préféré voir le technicien ivoirien, Emerse Faé continuer l’aventure, poursuivre son travail après avoir stabilisé l’équipe, brandissant qu’il avait obtenu des résultats importants et qu’il méritait davantage de temps pour faire progresser son groupe.

Avis partagé par Donhou Téh, «C’est une grosse erreur de se séparer de Faé Emerse. Même si on lui reprochait certaines décisions tactiques et son manque de solutions dans les moments difficiles, n’oublions pas que c’est lui qui a hissé l’équipe à un bon niveau alors qu’on était à un doigt d’être expulsé de notre propre CAN», s’indigne cet amoureux de football.

Pour cette deuxième catégorie de supporters, le problème n’est donc pas forcément le retour de Renard, mais la manière dont la transition a été opérée. «Faé avait ses défauts, mais il avait aussi construit quelque chose. Renard doit maintenant prouver que ce changement était nécessaire», estime un autre supporter.

Le technicien français arrive en tout cas avec une réputation qui ne laisse pas indifférent. Son retour est présenté comme un pari sur l’expérience, alors que la Fédération ivoirienne de football cherche à maintenir les Éléphants au plus haut niveau. Renard, qui connaît plusieurs cadres de la sélection depuis son passage de 2014 à 2015, devra rapidement imposer sa méthode et obtenir l’adhésion du vestiaire.

Entre nostalgie du sacre de 2015, reconnaissance du travail effectué par Faé et espoir d’une nouvelle aventure avec Renard, le peuple ivoirien apparaît donc partagé. Le nouveau sélectionneur dispose déjà d’un capital sympathie important, mais cette fois, le souvenir de 2015 ne suffira pas. Les supporters attendent surtout que le «Sorcier Blanc» transforme rapidement les promesses du passé en nouvelles victoires.

Par Emmanuel Djidja (Abidjan, correspondance)
Le 12/08/2026 à 11h18