Cameroun-UE. APE: des pertes en droit de douane négligeables

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Le 22/07/2017 à 17h46, mis à jour le 22/07/2017 à 17h59

Un an après l’entrée en vigueur de l’APE intérimaire, le Comité chargé de sa mise en œuvre a dressé un bilan positif lors de sa 17e session ce jeudi 20 juillet 2017 à Yaoundé. Les pertes en recettes douanières, principales craintes des pays africains, ont été très faibles.

Le Cameroun, seul pays de la sous-région Afrique centrale à avoir signé avec l’Union européenne l'Accord de partenariat économique (APE) fait le bilan de l'accord intérimaire qui est entré en vigueur le 6 août 2016. 

Le Comité de suivi de la mise en œuvre de l'Accord de partenariat économique bilatéral Cameroun-Union Européenne (CSMO-APEB/CAM-UE), réuni le jeudi 20 juillet à Yaoundé, a dressé un bilan plutôt positif. «Plus de 200 opérateurs ont bénéficié de la préférence de l’Union Européenne portant sur des valeurs de marchandises de plus de 25 milliards de FCFA», a déclaré Norbert Belinga membre du comité pour la direction générale des Douanes camerounaises.

Rares ombres au tableau, le manque d’appropriation du processus par les acteurs et les capacités opérationnelles des responsables des douanes pour l’heure limitées.

Mais qu’à cela ne tienne, l’on se satisfait de cette première année d’autant plus que les pertes escomptées du côté des douanes sont moins importantes que prévues. Un manque à gagner de l’ordre de 600 millions de FCFA (914 600 euros), au lieu des 15 milliards de FCFA (23 millions d'euros) prévus par an.

Selon Jean Tchoffo, président du Comité, le bilan est «largement positif», avec une préférence côté camerounais, pour les importations de machines en provenance de l’Union européenne. «L’un des objectifs de cet accord est la diversification de notre économie et la densification du tissu industriel», affirme-t-il.

Lors de cette première année l’accord prévoyait l'accès en franchise de droits de douane et sans contingent au marché de l'UE pour les exportations en provenance du Cameroun.

De son côté, le Cameroun a ouvert progressivement son marché à un premier groupe de marchandises (médicaments, engrais, ordinateurs, manuels scolaires, appareils médicaux,…). Le droit de douane à l'importation des produits concernés a été réduit de 25%, les autres droits et taxes restant inchangés. Ce qui, selon le comité, a permis aux consommateurs camerounais d’en bénéficier sur le marché local avec des prix plus compétitifs. Les produits du premier groupe seront démantelés en 2019. Pour la deuxième année de l’accord, leur droit de douane sera réduit de 50%. Mais déjà, l’on prépare le démantèlement des produits du deuxième groupe (15% de réduction de droit de douane) dès cette année. Entre autres, le clinker, les produits destinés aux industries brassicoles, les huiles essentielles, la pneumatique, etc.

Par Elisabeth Kouagne (Abidjan, correspondance)
Le 22/07/2017 à 17h46, mis à jour le 22/07/2017 à 17h59