Soudan: le gouvernement adopte un régime de change flottant régulé par la Banque centrale

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Le 21/02/2021 à 11h28

Le Soudan a adopté dimanche un régime de change flottant dirigé, c'est à dire régulé par les autorités monétaires, afin de satisfaire les demandes du Fonds monétaire international (FMI), au risque de provoquer une flambée des prix et d'attiser le mécontentement populaire.

Cette mesure fait partie d'une série de réformes lancées par Khartoum pour attirer des investissements étrangers, mais aussi permettre un allègement de sa dette écrasante et faciliter l'accès aux prêts des institutions internationales comme le FMI, pour soutenir le pays dans sa délicate transition politique.

L'économie du Soudan est en lambeaux, après des décennies de sanctions et de mauvaise gestion sous le règne de l'autocrate Omar el-Béchir, renversé en avril 2019."Le gouvernement de transition a décidé d'adopter un ensemble de politiques visant à réformer et harmoniser le régime de change en appliquant un taux de change flottant dirigé", a indiqué la Banque centrale dans un communiqué.

Le taux de change officiel est désormais déterminé par l'offre et la demande mais l'institution monétaire garde un rôle de régulateur.Sur le marché noir, le dollar s'échangeait à plus de 400 livres soudanaises, alors que le taux de change officiel -et fixe jusqu'alors- était de 55 livres pour un dollar.

Mais l'adoption d'un taux de change flottant pourrait faire baisser drastiquement la valeur de la livre soudanaise face au dollar et faire ainsi flamber les prix, au risque d'attiser davantage le mécontentement populaire dans ce pays de 40 millions d'habitants.

Des manifestations, parfois émaillées de heurts, contre la cherté de la vie ont eu lieu ces dernières semaines au Soudan, où le taux d'inflation annuel a dépassé les 300% en janvier.

En 2018, c'était le triplement du prix du pain qui avait provoqué le soulèvement populaire à l'origine de la chute de Béchir.La Banque centrale a aussi annoncé des restrictions sur les mouvements de devises, comme l'interdiction de partir à l'étranger avec plus de 1.000 dollars en espèces.

Khartoum s'est doté la semaine dernière d'un nouveau gouvernement dont l'une des priorités est la reprise d'une économie exsangue, affaiblie par la pandémie.

Le Soudan espère que son récent retrait de la liste américaine des Etats accusés de soutenir le terrorisme - avec des sanctions à la clé - permettra un afflux de capitaux étrangers et lui donnera l'occasion de redorer son blason.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 21/02/2021 à 11h28