Du jeudi 31 octobre au samedi 2 novembre 2019 à Douala, la métropole économique du pays, des groupes de délinquants ont semé la terreur dans la ville. Précisément au quartier New- Bell, l'un des plus populaires. Sur les images et vidéos qui ont circulé sur les réseaux sociaux, on pouvait notamment les voir dans les rues, armés d'armes blanches et hérissant des barrières sur certaines routes.
Il n'en fallait pas plus à certains pour parler d'affrontements intercommunautaires, comme cela a été le cas dans certaines villes du pays ces derniers mois, notamment à Ebolowa dans la région du Sud, et à Obala dans la région du Centre. Mais pour les autorités locales, il s'agit plutôt de délinquance urbaine. Notamment, le phénomène dit de «retour».
Il s'agit notamment du fait qu’un groupe de jeunes d’un quartier donné aille chercher vengeance dans un autre quartier où il estime qu’un des leurs a été attaqué. Une sorte de vendetta, d'expédition punitive en quelque sorte dont a été victime le quartier New-Bell. Ces jeunes sont également descendus dans d'autres quartiers environnants. «Concernant la situation de New-Bell, nous avons tous compris que l’incident s’est produit à un endroit précis et des jeunes ont appliqué leur phénomène de retour, chose que nous condamnons tous.
Lire aussi : Afrique du Sud: l'armée à la rescousse de la police face aux gangs
Mais de là à quitter New-Bell pour demander aux boutiques de fermer à Akwa (quartier commercial, Ndlr), c’est autre chose. C’est ce qu’on appelle de la manipulation. Et je préviens ceux-là qui utilisent des motos pour véhiculer de pareils messages», a déclaré le gouverneur de la région du Littoral, Samuel Ivaha Diboua.
C'était lors d'une réunion de crise dimanche 3 novembre 2019 à Douala, avec notamment les autorités administratives, judiciaires, les élus locaux, les chefs de communautés et autres responsables d’associations. Pour le gouverneur, il était notamment question de «rétablir les faits» et d'éviter la «psychose» ou une quelconque récupération, dans une ville réputée frondeuse et dans un contexte socio-économique compliqué dans le pays. Au cours de ces assises, le procureur général près la cour d’appel du Littoral a rappelé aux uns et aux autres qu’on ne se rend pas soi-même justice et que le droit sera dit dans toute sa rigueur à l’endroit des contrevenants.
«Je demande également aux autres arrondissements de Douala de réactiver ces comités de vigilance afin de mettre hors d’état de nuire ceux qui veulent perturber la mythique ville de Douala parce qu’ici se trouve l’économie du Cameroun. Le désordre ne passera pas par Douala», ajoute le gouverneur, tout en insistant sur le respect des heures de fermeture des débits de boissons.




