Dans la cour du Palais de la Culture de Treichville à Abidjan, venus de plus d’une trentaine de pays africains et d’ailleurs, se sont côtoyés danseurs, comédiens, artistes et metteurs en scène qui ont participé à la 14ème édition du Marché des arts et spectacles africains d’Abidjan (MASA) qui a tenu toutes ses promesses, offrant une vitrine de la créativité africaine contemporaine.
Pendant sept jours, Abidjan s’est transformé en carrefour des cultures africaines, vibrant au rythme des danses, musiques, arts visuels et spectacles venus des quatre coins du continent. Artistes, professionnels de la culture, festivaliers et curieux se sont retrouvés dans une ambiance festive et professionnelle, faisant du MASA bien plus qu’un simple festival : une véritable plateforme d’échanges et de promotion des talents africains.
«Le Masa constitue une très bonne occasion pour nous faire connaître de la clientèle, écouler nos produits, nouer des partenariats afin d’acquérir de nouveaux marchés. C’est ce pour quoi nous n’avons pas hésiter de revenir cette année», confie Akin Yao, un artisan habitué de l’évènement.
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«On découvre une Afrique qu’on ne voit pas toujours à la télévision», explique un visiteur venu du Sénégal.
Créé pour promouvoir, valoriser et professionnaliser le secteur culturel africain, le MASA dont le thème retenu pour cette édition 2026: «Arts du spectacle africain, outil d’intégration économique et sociale», s’impose, au fil de ses éditions, comme un levier de repositionnement de la culture du continent sur la scène internationale.
En quatorze éditions, le biennal a permis de révéler des talents, de favoriser les échanges entre professionnels et de renforcer la circulation des œuvres africaines à travers le monde.
«Aujourd’hui, le MASA est une référence. Il montre une Afrique créative, dynamique et compétitive. Et je pense qu’à travers cet événement, l’Afrique de l’ouest au niveau de la francophonie tire fièrement son épingle du jeu (…)», déclare Marie Thérèse, programmateur venu du Canada.
Pour la Côte d’Ivoire, pays hôte, l’événement constitue un outil de diplomatie culturelle. À travers l’organisation de ce rendez-vous international, le pays affirme son leadership culturel en Afrique de l’Ouest.
Les visiteurs, eux, repartent émerveillés par la diversité des expressions artistiques proposées. «En une semaine, j’ai voyagé sans quitter Abidjan, découvert des danses d’Afrique australe, des sonorités sahéliennes et des créations contemporaines impressionnantes», témoigne Loraine K., étudiante.
Invité d’honneur de cette édition, le Royaume du Maroc a particulièrement marqué les esprits. À travers ses pavillons richement décorés, ses expositions artisanales, ses défilés et ses spectacles mêlant traditions et modernité, le Maroc a su captiver l’attention du public renforçant les ponts culturels Sud-Sud.
Les visiteurs ont afflué pour découvrir la finesse de son patrimoine culturel, entre musique, spectacle, gastronomie ou arts visuels. «C’est une immersion totale dans la culture marocaine, c’est fascinant», confie un visiteur ivoirien.
Après huit jours de festivités, de rencontres professionnelles et de performances époustouflantes, cette biennale s’achève sur un bilan record et des perspectives économiques prometteuses pour le secteur des arts vivants.
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Au-delà du spectacle, le MASA s’est illustré comme une véritable plateforme de business. Le gouvernement ivoirien pour sa part a annoncé la mise en place d’un guichet spécial de 1 milliard de francs CFA pour soutenir les industries culturelles et créatives, offrant des financements allant de 1 à 20 millions FCFA par projet.
Près de 100 groupes artistiques (60 pour le Marché et 39 pour le Festival), issus de plus de 28 pays, 500.000 spectateurs et plus de 300 spectacles répartis dans tout le district d’Abidjan (Abobo, Koumassi, Yopougon, etc.) ont pu présenter leurs œuvres devant des acheteurs et programmateurs internationaux.
Au terme de cette 14e édition, le MASA qui transformait une nouvelle fois la capitale économique ivoirienne en épicentre panafricain de la culture, confirme plus que jamais son statut de rendez-vous incontournable des arts africains.
