Mondial 2026: au-delà du sport, comment la Côte d’Ivoire organise sa conquête culturelle dans les coulisses

La Fédération ivoirienne de football et ORUN s’assoient pour donner une dimension culturelle à la Coupe du monde 2026

Le 31/05/2026 à 12h46

Quand la Fédération ivoirienne de football confie les clés de son image à ORUN pour le Mondial 2026, ce n’est pas un sponsor qu’elle accueille, mais un architecte de l’identité culturelle. La compétition devient un prétexte pour exposer au monde la vitalité artistique d’Abidjan.

En amont de la Coupe du monde 2026, la Fédération ivoirienne de football (FIF) fait un pari audacieux en s’alliant avec la structure panafricaine ORUN. Ce partenariat, centré sur la promotion des industries créatives, ambitionne de transformer la sélection nationale en un puissant vecteur d’identité culturelle, ciblant tout particulièrement la communauté ivoirienne de l’étranger. C’est dans cette dynamique que la FIF a conclu, mardi 26 mai 2026, un partenariat avec ORUN en vue d’apporter une dimension culturelle et identitaire à la Coupe du monde 2026.

Selon les initiateurs, cette collaboration vise à promouvoir, en marge de la compétition, différents aspects de la culture ivoirienne, notamment la création artistique contemporaine, les industries culturelles et créatives ainsi que les liens avec les communautés ivoiriennes vivant à l’étranger. À l’issue de plusieurs séances de travail, la FIF a accordé à ORUN le statut de partenaire culturel officiel du dispositif préparatoire lié à la Coupe du monde 2026, rapporte une note d’information transmise, samedi 30 mai 2026 à l’Agence Ivoirienne de Presse (AIP).

Pour en savoir plus sur ORUN, il faut retenir qu’elle n’est pas une structure classique, mais la filiale culturelle du groupe panafricain Africa Currency Network (ACN), basé à Kigali et affilié au Kigali International Financial Centre. ACN développe les modèles économiques et systémiques tandis qu’ORUN incarne la dimension culturelle.

Dirigée par la fondatrice et CEO Habyba Thiero, ORUN se concentre sur la structuration des Industries Culturelles et Créatives africaines via une méthode propriétaire, «The Sovereign Code», articulée autour de la mémoire, de la structure et de la transmission. Sans investisseurs externes déclarés, l’entité s’appuie sur des alliances stratégiques, notamment avec 1xBET, pour déployer sa vision panafricaine.

Les deux parties entendent ainsi développer des actions de valorisation de l’image de la Côte d’Ivoire à travers le football. Le partenariat prévoit notamment des initiatives autour de la présentation de la tenue officielle de l’équipe nationale, de la mise en lumière de créateurs ivoiriens et de la production de contenus audiovisuels et éditoriaux consacrés aux Éléphants. Des activités destinées au grand public et à la diaspora ivoirienne figurent également parmi les axes de collaboration annoncés. Elles visent à renforcer la mobilisation autour de la sélection nationale avant et pendant la compétition.

Les responsables du projet estiment que cette démarche s’inscrit dans une tendance observée dans le sport international, où les équipes nationales sont également utilisées comme vecteurs de promotion culturelle et de visibilité des pays sur la scène mondiale.

Pour aller plus loin, disons que la Fédération ivoirienne de football (FIF) n’a pas simplement signé un contrat de sponsoring avec ORUN ; elle a posé les jalons d’une opération de reprise de contrôle narrative dont la Coupe du monde 2026 sera la caisse de résonance. En adoubant cette structure panafricaine comme partenaire culturel officiel, la FIF démontre une compréhension aiguë de ce qu’est devenue la grand-messe du football: un champ de bataille symbolique où le classement FIFA compte moins que la puissance d’évocation d’un maillot, d’un son ou d’une esthétique.

Derrière la présentation de la tunique officielle des Éléphants, c’est la fabrique d’un désir qui se prépare, en ciblant prioritairement la diaspora. Cette communauté, souvent réduite à un rôle de pourvoyeuse de fonds, est ici érigée en avant-garde culturelle, point d’ancrage d’une identité qui veut rayonner bien au-delà des stades américains. Le choix d’ORUN, un acteur panafricain plutôt qu’un géant occidental, est un signal fort. La FIF ne cherche pas un logo sur un torse, mais un amplificateur de création artistique contemporaine capable de raconter Abidjan au monde. Cette jonction entre le ballon rond et les industries créatives ivoiriennes vise à produire un récit de souveraineté culturelle.

Ainsi, l’opération ne se limite pas à du marketing folklorique ; elle est une réponse à une tendance mondiale où le sport se consomme comme un produit éditorial total. La production de contenus audiovisuels et la mise en lumière de créateurs locaux à l’approche du Mondial ne visent pas seulement à faire vibrer les supporters, mais à positionner la Côte d’Ivoire comme une place forte de l’innovation créative. Dans cette équation, le footballeur n’est plus seul héro, il partage la vedette avec le designer, le cinéaste et le musicien. La FIF acte que la valeur d’une sélection nationale ne réside plus uniquement dans son palmarès, mais dans sa capacité à mobiliser des affects culturels transnationaux pour exister dans la conversation globale.

Par Le360 (avec MAP)
Le 31/05/2026 à 12h46