Pendant longtemps, les discussions autour du sport en Afrique se sont concentrées sur les performances des athlètes et les résultats des compétitions. Mais avec la montée en puissance de la Basketball Africa League, une autre réalité se dessine: celle d’une industrie capable de générer des opportunités économiques bien au-delà des terrains. À Kigali, où les meilleures équipes du continent s’affrontent pour le titre continental, la BAL apparaît désormais comme une plateforme qui profite aussi aux entrepreneurs, aux créateurs et aux médias africains.
Cette dynamique s’inscrit dans un impact économique plus large. Selon les chiffres communiqués par la Basketball Africa League, la compétition a généré depuis son lancement une contribution estimée à plus de 250 millions de dollars au produit intérieur brut des pays hôtes africains. La BAL affirme également avoir contribué à la création de près de 37.000 emplois directs et indirects à travers le continent. Des retombées qui dépassent désormais largement le cadre sportif pour toucher des secteurs aussi variés que le tourisme, les médias, l’événementiel, la mode, le marketing ou encore l’entrepreneuriat.
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L’ivoirien Jean-Jacques Koffi en est l’une des illustrations les plus marquantes. Installé entre le Rwanda et la Côte d’Ivoire, le jeune entrepreneur a fondé FLEXX, une marque de vêtements et d’accessoires sportifs qui ambitionne de repositionner l’Afrique sur le marché mondial du sportswear. Cette année, son entreprise a franchi une étape importante en décrochant un partenariat avec NBA Africa à travers la BAL. Pour la première fois dans l’histoire de la compétition, une collection officielle «off-court» a été conçue pour les équipes participantes et leurs supporters.
«Notre partenariat consiste à produire une collection portée hors terrain pour tous les athlètes mais aussi les fans de basket-ball», explique Jean-Jacques Koffi. Une initiative qui va bien au-delà du simple merchandising. Chaque collection s’inspire de l’identité culturelle des clubs représentés afin de permettre aux supporters de s’identifier à leur équipe à travers des vêtements qui racontent une histoire. «C’est un honneur de produire une collection qui donne aux équipes une identité culturelle et aux fans la possibilité de se reconnaître dans des tenues qui leur ressemblent», ajoute-t-il.
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Pour l’entrepreneur ivoirien, cette collaboration symbolise également la capacité des entreprises africaines à répondre aux standards internationaux. Créée sur le continent et portée par le slogan «From Africa to the World», FLEXX ambitionne de démontrer qu’une marque africaine peut concevoir et produire des équipements sportifs premium capables de rivaliser avec les grandes références mondiales du secteur.
La BAL ouvre également des perspectives inédites dans le domaine des médias sportifs. C’est le constat de Kénan Nelle Ebongue-Rieumailhol, fondateur de X Ball Africa, une plateforme spécialisée dans le basketball africain. Lancé il y a cinq ans, le média a grandi en même temps que la ligue continentale. «La BAL nous donne une plateforme pour nous exprimer, raconter les histoires des joueurs, des entraîneurs et de tous les acteurs qui construisent le basketball africain», explique-t-il.
Pour lui, l’enjeu dépasse largement la couverture des matchs. Il s’agit de bâtir une mémoire collective du basketball africain. «Le storytelling est essentiel. Ce qui fait la force de la NBA, ce sont aussi les histoires et les légendes qu’elle a construites au fil des décennies. Aujourd’hui, nous devons raconter nos propres success stories», estime-t-il. Des joueurs comme Jean-Jacques Boissy, Nuni Omot ou encore Aliou Diarra, passé de la BAL à l’Euroligue, incarnent selon lui cette nouvelle génération de références capables d’inspirer les jeunes Africains.
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En quelques années, la Basketball Africa League est ainsi devenue bien plus qu’un championnat continental. Elle constitue désormais un espace où se croisent sport, entrepreneuriat, marketing, création de contenus et innovation. Pour de nombreux jeunes Africains, la balle orange n’est plus seulement synonyme de compétition. Elle représente aussi une opportunité de créer, d’investir et de construire des entreprises capables de rayonner bien au-delà des frontières du continent.
À mesure que la BAL grandit, ce ne sont donc pas seulement les basketteurs africains qui gagnent en visibilité. Une nouvelle génération d’entrepreneurs, de créateurs et de médias spécialisés trouve également sa place dans une industrie sportive africaine en pleine structuration. Les chiffres économiques enregistrés depuis la création de la ligue laissent entrevoir un potentiel encore largement inexploité pour un secteur appelé à jouer un rôle croissant dans les économies africaines au cours des prochaines années.
