Commerce USA-Afrique: l’Afrique du Sud se «prépare» à une exclusion de l’Agoa

Le président américain Donald Trump remet des papiers au président sud-africain Cyril Ramaphosa lors d'une réunion dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, DC, le 21 mai 2025.

Le 19/10/2026 à 17h07

Le président Cyril Ramaphosa a déclaré lundi que l’Afrique du Sud devait se «préparer» à une exclusion de l’accord commercial préférentiel Agoa, liant les Etats-Unis à la plupart des pays africains, après de nouvelles critiques de Washington, qui accuse Pretoria d’une prétendue persécution des Afrikaners.

Cet accord commercial, renouvelé en septembre par le Congrès et dont Pretoria est le premier bénéficiaire, n’annule pas les nouvelles surtaxes douanières mises en place par l’administration Trump mais exempte d’autres.

«Le Congrès a décidé que nous devions rester dans l’Agoa, la décision finale revient désormais au pouvoir exécutif. On verra bien, mais nous sommes en discussions avec eux. Au passage, afin de préparer les Sud-Africains à cette éventualité, au cas où ça arriverait, nous ne serions pas le premier pays à être exclu de l’Agoa, et je pense que nous ne serons pas le dernier», a répondu Cyril Ramaphosa à une question d’un journaliste de l’AFP lors d’un briefing.

Washington a annoncé mi-septembre des restrictions de visa contre des responsables sud-africains. Depuis son retour au pouvoir, l’administration Trump accuse sans fondement Pretoria de «persécutions» contre les Afrikaners, descendants des colons européens.

Au 30 septembre, les Etats-Unis ont accueilli en un an 16.287 Sud-Africains dans le cadre d’un programme de relocalisation. Excepté 5 Afghans, ils sont les seules personnes à qui ont été conférées un statut de réfugié par Washington.

Le président américain réexamine chaque année l’éligibilité d’un pays à l’AGOA. Un préavis de 60 jours doit être notifié au Congrès et au pays concerné. Pour exclure un pays avant le 1er janvier de la nouvelle année, l’annonce doit intervenir avant le 2 novembre.

Le précédent président américain Joe Biden a par exemple déclaré quatre pays inéligibles (RCA, Gabon, Niger, Ouganda) le 30 octobre 2023. La décision avait pris effet le 1er janvier 2024.

«On doit désormais se pencher sur les répercussions que cela aura et sur les alternatives qui s’offriront à nous. En tant que président, je dois donc nous préparer à cette éventualité», a poursuivi Cyril Ramaphosa.

«Bien sûr, ce serait dévastateur pour nous, compte tenu du nombre d’emplois en jeu. Nous continuerons, le gouvernement, à œuvrer pour tirer le meilleur parti de nos relations commerciales avec différentes régions du monde.»

Les secteurs automobiles et agricoles (notamment les agrumes) sont particulièrement concernés par l’Agoa.

En 2025, l’organisation patronale du secteur automobile sud-africain Naamsa estimait à 86.000 le nombre d’emplois liés directement à l’Agoa dans l’automobile, et à 125.000 en incluant leurs sous-traitants.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 19/10/2026 à 17h07