Des compagnies aériennes décident de ne plus embarquer de Français vers le Niger

L'aéroport international Diori Hamani du Niger.
Le 02/02/2024 à 07h20

Des compagnies aériennes desservant Niamey, capitale du Niger, ont décidé de ne plus embarquer de passagers français vers cette destination, dont plusieurs ont récemment été refoulés à leur arrivée, a appris mercredi l’AFP de sources aéroportuaires.

«Selon les autorités nigériennes, tout passager de nationalité française n’est plus autorisé à rentrer sur le territoire nigérien, par conséquent ces derniers ne seront plus acceptés sur nos vols sur cette destination», indique une note interne d’Air Burkina consultée par l’AFP.

Dans un communiqué publié mercredi soir la compagnie burkinabè affirme que «cette note n’émane pas» d’elle et qu’elle «ne saurait être tenue pour responsable des conséquences éventuelles qui pourraient en découler». Le texte ne dit rien sur l’embarquement ou non de ressortissants français.

Une source proche de la compagnie Royal Air Maroc (RAM) a indiqué que «les passagers français à destination de Niamey ne peuvent plus embarquer à bord» des avions de la RAM, «sans autorisation spéciale des autorités nigériennes et ce depuis près d’une semaine».

Sollicitées par l’AFP, d’autres compagnies desservant Niamey, Ethiopian Airlines, Asky, Air Tunisie et Turkish Airlines, n’ont pas répondu dans un premier temps à la question de savoir si elles continuaient à embarquer des ressortisants français vers le Niger.

Egalement interrogées, les autorités nigériennes n’ont pour l’instant pas confirmé que les Français souhaitant ou devant venir à Niamey étaient désormais persona non grata sur leur territoire.

Les relations entre le Niger et la France, ex-puissance coloniale dans la région, n’ont cessé de se dégrader depuis le coup d’Etat militaire du 26 juillet 2023 qui a renversé le président élu Mohamed Bazoum.

«Graves entraves»

L’ambassade de France au Niger, dont Paris avait annoncé la fermeture peu avant Noël, est officiellement close «jusqu’à nouvel ordre», et poursuivra ses activités depuis Paris, avait annoncé le ministère des Affaires étrangères français, le 2 janvier.

Le ministère soulignait que «depuis cinq mois, notre ambassade subit de graves entraves rendant impossible l’exercice de ses missions: blocus autour de l’ambassade, restrictions des déplacements pour les agents et refoulement de tous les personnels diplomatiques qui devaient rejoindre le Niger».

La fermeture d’une ambassade, mesure extrêmement rare, avait été décidée en parallèle au retrait des derniers soldats français déployés au Niger dans le cadre de la lutte antiterroriste, qui ont quitté le pays le 22 décembre.

Après le coup d’Etat du 26 juillet, les militaires au pouvoir avaient rapidement exigé le départ des soldats français - environ 1.500 déployés pour lutter contre les jihadistes - et dénoncé plusieurs accords militaires conclus avec Paris.

Le régime militaire avait aussi prononcé fin août l’expulsion de l’ambassadeur de France Sylvain Itté. Celui-ci était resté près d’un mois coincé à l’intérieur de la représentation diplomatique avant de la quitter sur décision du président Emmanuel Macron qui avait ordonné qu’il reste en place après le coup d’Etat.

Le journal français le Canard enchaîné a évoqué un veto du ministère français des Affaires étrangères à la parution d’un livre de M. Itté, qui, selon une source diplomatique contactée par l’AFP, aurait pu «être préjudiciable à nos intérêts de sécurité».

Depuis le départ de la France, le Niger - comme le Mali et le Burkina Faso voisins également dirigés par des militaires issus de coups d’Etat et confrontés à la violence jihadistes - se sont rapprochés d’autres partenaires, dont la Russie.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 02/02/2024 à 07h20