En promulguant, le 26 août, dix textes législatifs touchant à la fiscalité, aux douanes, au cacao, à la justice ou encore à la sécurité maritime, le président John Dramani Mahama ne s’est pas contenté de réformer l’État. Il a, de facto, redessiné la carte des opportunités pour les investisseurs et opérateurs économiques présents ou désireux d’entrer sur le marché ghanéen. Analyse sectorielle.
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Dans le secteur du Cacao, la transformation locale devient un impératif rentable. Le Ghana Cocoa Board Act, 2026, grave dans le marbre l’engagement présidentiel de transformer localement «au moins 50% des fèves de cacao» et de garantir aux planteurs «70% du prix du marché mondial». Pour les agro-industriels, cela signifie un accès sécurisé à une matière première dont la valorisation locale est désormais une priorité d’État. «Promesse faite, promesse tenue», a lancé Mahama, signalant une stabilité réglementaire propice aux investissements de long terme dans la transformation cacaoyère.
Dans le secteur des jus de fruits, une nouvelle exonération change la donne. L’Excise Act, 2026, exonère totalement de droits d’accise les jus de fruits fabriqués localement. Une mesure ouvertement incitative: «si vous produisez des jus de fruits localement, cette loi vous exempte du droit d’accise», a expliqué le président. Pour les transformateurs agroalimentaires, c’est un avantage compétitif immédiat face aux importations, dans un marché ouest-africain où la demande de boissons naturelles croît rapidement.
Dans le domaine du conseil fiscal et douanier, la complexité se voit simplifiée. La refonte du Customs Act en un texte unique vise à «sceller les failles qui ont fait perdre beaucoup de revenus à l’État», selon Mahama. Pour les entreprises, cette consolidation réduit l’insécurité juridique, mais exige une mise à niveau rapide des procédures internes. Les cabinets de conseil fiscal et douanier disposent là d’un créneau porteur: accompagner les opérateurs dans la compréhension des nouvelles règles, notamment sur les prélèvements énergétiques où les exonérations abusives sont désormais traquées.
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Dans le secteur de la logistique, du transit et du dédouanement, l’efficacité devient le nouveau standard. L’unification douanière promet une administration «plus simple et plus efficace». Les acteurs de la logistique et du transit y gagneront en fluidité, à condition d’adapter leurs systèmes d’information et de conformité. Les prestataires capables d’offrir des services intégrés de dédouanement et de conseil en conformité seront les mieux placés pour capter cette modernisation.
Or: un guichet TVA spécifique pour les grands producteurs
L’amendement à la TVA exempte les compagnies minières aurifères qui cèdent 30% de leur production à la Banque du Ghana. Un mécanisme, aligné sur la politique monétaire, qui crée un statut fiscal particulier pour les grands opérateurs miniers, mais aussi des besoins d’ingénierie financière et de conformité pour les sous-traitants et fournisseurs du secteur.
Dans le domaine de l’Économie bleue, le droit de la mer entre dans le droit positif. Le Maritime and Related Offences Act transpose la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, donnant aux autorités «les moyens juridiques de poursuivre les crimes commis dans les eaux territoriales». Pour les entreprises de surveillance maritime, de sûreté portuaire, d’assurance ou de services logistiques offshore, ce cadre ouvre des marchés liés à la sécurisation et à l’exploitation durable de l’espace maritime ghanéen.
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Enfin, l’Université nationale de défense, désormais entité légale accréditée, valide «l’autorité de l’institution à offrir des programmes académiques et militaires stratégiques accrédités». Au-delà du militaire, la vague de réformes fiscales, douanières et agroalimentaires crée une demande forte en formations spécialisées: fiscalité, logistique, transformation agroalimentaire, droit maritime. Les établissements privés et les cabinets de formation continue ont là un terrain d’expansion évident.
Au total, ces dix lois ne sont pas qu’un arsenal de réformes: elles constituent un appel d’offres implicite aux investisseurs capables de lire les signaux réglementaires. Reste à savoir qui saura transformer le texte en contrats.
