Namibie: les lourdeurs administratives ont failli perdre un investissement de près de 2,5 milliards de dollars

La présidente namibienne Netumbo Nandi-Ndaitwah et l’homme d’affaires Aliko Dangote lors du lancement d’un projet de réservoirs pétroliers et de pipeline régional, près de Walvis Bay (centre-ouest du pays).

Le 06/11/2026 à 16h04

Les lenteurs administratives et les dysfonctionnements bureaucratiques continuent de compromettre les investissements en Namibie, où un projet énergétique de 41,1 milliards de dollars namibiens (près de 2,5 milliards de dollars), a failli être abandonné en raison des retards des procédures gouvernementales, a révélé la présidente Netumbo Nandi-Ndaitwah.

«Nous aurions pu perdre ce projet sans une communication directe entre vous et moi», a déclaré la cheffe de l’État à l’homme d’affaires Aliko Dangote, lors du lancement d’un projet de réservoirs pétroliers et de pipeline régional, près de Walvis Bay (centre-ouest du pays), rapporte vendredi la presse locale.

La présidente a indiqué avoir personnellement contacté l’investisseur pour le convaincre de maintenir son engagement, reconnaissant que d’autres projets importants avaient déjà échoué pour des raisons similaires.

Elle a notamment évoqué un projet de chantier naval dont les promoteurs se sont retirés après quatre années d’attente. «Ils ont été découragés par nos systèmes bureaucratiques et nous avons perdu des projets très importants», a-t-elle souligné.

«Si nous avançons lentement, notre population continuera de vivre dans la pauvreté», a averti Mme Nandi-Ndaitwah, appelant les administrations concernées à passer désormais des engagements à l’action.

Ces difficultés, dénoncées par ses prédécesseurs, persistent malgré les appels successifs à accélérer les réformes et à renforcer la responsabilité des gestionnaires publics.

Dans son rapport d’évaluation de février 2026, la Banque africaine de développement (BAD) a révélé que le délai entre l’approbation des projets et le premier décaissement est passé de 10,4 à 13,6 mois, principalement en raison des lenteurs des marchés publics et des procédures d’autorisation.

Seuls 38% des résultats ciblés et 33% des réalisations prévues dans la stratégie-pays 2020-2024 ont été atteints.

Le projet Dangote prévoit une capacité de stockage de 600 millions de litres de carburant et un réseau de pipelines d’environ 1.700 km reliant potentiellement la Namibie au Botswana, à la Zambie, au Zimbabwe et à la République démocratique du Congo. Sa réalisation est estimée entre 18 et 20 mois.

Par Le360 Afrique (avec MAP)
Le 06/11/2026 à 16h04