Imaginez un monde où votre brevet finance votre entreprise mieux qu’un terrain. C’est le virage à 180 degrés imposé aux banques de l’espace OAPI à Abidjan. Ouverte le 4 juin 2026, la Conférence des Chefs des Offices nationaux de la Propriété Intellectuelle de l’espace de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), dite HIPOC 2026, s’est achevée ce vendredi 5 juin à Abidjan par l’adoption d’un ensemble de résolutions jugées ambitieuses en faveur de l’innovation et du développement économique.
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La cérémonie de clôture a été présidée par le directeur général de l’Office ivoirien de la propriété intellectuelle (OIPI), Dr. Paul Assandé Koffi, représentant le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat. En présence du directeur général de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), M. Daren Tang, il a exprimé sa gratitude à la délégation de l’OMPI ainsi qu’aux États participants, saluant l’exécution intégrale du programme de la rencontre. Dr. Paul Assandé Koffi a souligné que cette visite contribuera à renforcer la dynamique de sensibilisation en faveur de la propriété intellectuelle, non seulement en Côte d’Ivoire, mais dans l’ensemble des États membres de l’OAPI. Il a également invité les délégués à se retrouver à Genève en juillet prochain à l’occasion des Assemblées générales de l’OMPI.
À l’issue de deux jours de travaux, les participants ont adopté plusieurs résolutions structurantes destinées à renforcer l’intégration de la propriété intellectuelle dans les politiques d’innovation et de développement économique des États membres. Ainsi, les participants ont demandé aux États membres d’intégrer la détention d’actifs de propriété intellectuelle dans les critères d’éligibilité des startups à certains programmes de labélisation. Ils ont aussi recommandé de mettre en place des plateformes d’échanges formelles entre acteurs de l’écosystème de l’innovation et de développer des conventions de partenariat entre les services nationaux de liaison, les universités, les incubateurs et les groupements professionnels. L’introduction de modules d’initiation à la propriété intellectuelle dans les formations à l’entrepreneuriat des lycées et universités, ainsi que la facilitation de l’accès des jeunes créateurs aux fonds nationaux d’aide à l’invention et à l’innovation, figurent également parmi les orientations retenues.
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À l’OAPI, il est recommandé de conduire un plaidoyer auprès des autorités des États membres pour l’intégration de la propriété intellectuelle dans les Plans nationaux de développement, de créer un outil d’évaluation d’actifs de propriété intellectuelle à l’usage des banques et des PME pour faciliter l’accès au crédit, et de poursuivre le soutien à l’innovation dans l’espace régional. L’OMPI est quant à elle invitée à poursuivre l’appui technique aux offices nationaux pour accélérer la modernisation et la numérisation de leurs services, à accompagner les initiatives de promotion de l’innovation technologique au sein de l’espace OAPI. L’organisation est également invitée à maintenir les programmes de sensibilisation ciblant les jeunes et les femmes entrepreneures et à conduire un benchmarking des écosystèmes d’innovation existants en vue de leur implémentation dans les États membres.
En clôturant les travaux, les participants ont salué l’esprit de coopération et de convergence de vues qui a marqué la conférence HIPOC 2026, réaffirmant leur engagement à faire de la propriété intellectuelle un véritable levier de transformation économique en Afrique. À Abidjan, HIPOC 2026 n’a pas seulement refermé ses travaux: elle a surtout ouvert une nouvelle ère où la créativité, l’innovation et la propriété intellectuelle s’imposent comme des moteurs essentiels de la croissance et de la compétitivité des économies de l’espace OAPI.
Ainsi, la Conférence des Chefs des Offices nationaux de l’OAPI (HIPOC 2026) qui s’est tenue à Abidjan ne restera pas dans les annales pour ses déclarations diplomatiques, mais pour l’onde de choc conceptuelle qu’elle a su générer. Derrière la technicité des conclusions, les résolutions adoptées le 5 juin 2026 relèvent d’une véritable chirurgie mentale visant à extirper une croyance limitante ancrée dans les économies de la zone: celle que l’innovation n’est qu’une affaire de chercheurs désargentés.
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La résolution phare de cette rencontre, à savoir la création d’un outil d’évaluation des actifs de propriété intellectuelle pour faciliter l’accès au crédit bancaire des PME, est un électrochoc. Elle s’attaque au tabou du financement de l’immatériel. Dans un environnement où la banque classique n’idolâtre que le gage foncier, contraindre les États à faire entrer les brevets dans les critères d’éligibilité des startups labellisées n’a rien d’un gadget administratif. C’est la promesse d’une mutation structurelle où l’idée, certifiée par l’État, devient un actif au bilan. Dr Paul Assandé Koffi, en orchestrant ce rapprochement inédit entre la rigidité des offices de PI et les besoins de liquidités des jeunes créateurs, valide une philosophie plus musclée du développement. Il ne s’agit plus seulement de protéger la création contre la contrefaçon, mais de l’armer pour conquérir le marché.
L’insistance, dans le communiqué final, à introduire des modules de propriété intellectuelle (PI) dans les formations à l’entrepreneuriat des lycées et universités trahit une urgence générationnelle: faire naître une génération d’inventeurs-commerçants. En coulisses, la présence du directeur général de l’OMPI, Daren Tang, apporte la caution mondiale à cette stratégie de benchmarking. Cela dénote une volonté de ne pas réinventer un modèle tiers-mondiste, mais d’aligner Abidjan et l’espace OAPI sur les standards de compétitivité suisses ou asiatiques.
La transformation sémantique est achevée: la propriété intellectuelle n’est plus une contrainte juridique exotique, elle est hissée au rang de pilier du Plan National de Développement. La promesse de retrouvailles à Genève en juillet pour les Assemblées générales de l’OMPI place les chefs d’offices africains non plus en simples demandeurs d’assistance technique, mais en acteurs d’une diplomatie de l’innovation qui fait de la propriété intellectuelle un outil de souveraineté compétitive.
