S&P a également abaissé la note à long terme en monnaie locale de «CCC+» à «CCC», assortissant les deux notes d’une perspective négative, tandis que les notes à court terme en devises étrangères et en monnaie locale ont été maintenues à «C», précisent les mêmes sources.
Cette décision intervient après l’annonce, le 1er septembre, par le gouvernement sénégalais d’un Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS), dans le cadre du Cadre commun renforcé du G20, visant à rétablir la soutenabilité de la dette. La dette libellée en francs CFA est exclue du périmètre annoncé.
Selon S&P, la renégociation envisagée devrait conduire les créanciers en devises étrangères à recevoir moins que ce qui leur avait été initialement promis, notamment à travers une réduction du principal ou des intérêts, ou une modification des conditions de paiement.
L’agence estime ainsi qu’un échange de dette en situation de détresse ou un défaut sur la dette commerciale en devises étrangères du Sénégal est «extrêmement probable».
S&P relève, par ailleurs, que la dette libellée en francs CFA représentait environ un tiers de l’encours total de la dette à fin décembre 2025, soit un niveau supérieur à celui de la dette commerciale extérieure.
L’exclusion de cette dette du plan vise notamment à limiter les répercussions sur le système financier de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et les pays voisins, selon l’agence.
S&P estime toutefois que le volume de la dette en francs CFA pourrait amener certains créanciers extérieurs à contester son exclusion du périmètre du traitement et relève un risque d’extension du processus à une partie de la dette intérieure.
Cette dégradation intervient quelques jours après la conclusion d’un accord au niveau des services entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) sur un nouveau programme de financement de 36 mois, d’un montant d’environ 2,2 milliards de dollars. Cet accord reste soumis à l’approbation de la direction et du Conseil d’administration du FMI.
Les autorités sénégalaises soutiennent, pour leur part, que le Plan de traitement de la dette ne constitue pas une restructuration au sens classique du terme.
Selon S&P, la dette du Sénégal s’établissait à 117% du PIB à fin décembre 2025, avant toute révision de la base du PIB.
