Vidéo. Mauritanie: le président prend la tête d'une marche contre "l'extrémisme et le discours haineux"

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Le 09/01/2019 à 16h55, mis à jour le 09/01/2019 à 17h00

VidéoDes milliers de Mauritaniens ont marché ce mercredi 9 janvier 2019 dans le centre ville de Nouakchott pour dénoncer "l'extrémisme et le discours haineux". En tête du cortège, le président Mohamed ould Abdel Aziz, entouré de tous les membres du gouvernement et hauts fonctionnaires de l'Etat.

Une marche «contre l’extrémisme et le discours haineux» a été organisée ce mercredi 9 janvier sur la plus ancienne et grande avenue de Nouakchott.

Une manifestation organisée à l’appel de l’Union pour la république (UPR), principal parti de la majorité, avec en tête du cortège le président Mohamed ould Abdel Aziz et tous les membres du gouvernement, et pour laquelle les administrations publiques et certaines entreprises privées ont mobilisé tous leurs cadres et agents. Et pour attirer du monde, la journée a été officiellement décrétée chômée et payée par la présidence de la république. 

La procession est partie du carrefour du ministère du Pétrole, traversant le centre-ville sur 4 kilomètres en empruntant l'avenue Gamal Abdel Nasser, et s’est arrêtée juste avant le site de l’ancien aéroport de Nouakchott, pour un meeting.

Les marcheurs portaient des banderoles, avec des slogans condamnant toutes les tentatives de nature à nuire à l’harmonie et à l’unité nationale.

Prenant la parole au cours du meeting, le président Mohamed ould Abdel Aziz a tiré à boulets rouges sur «les extrémistes et adeptes du discours de la haine. Un groupuscule qu’on peut compter sur les doigts d’une main, qui tente de porter atteinte à l’unité nationale et que nous sommes déterminés à combattre par une application stricte de la loi».

Sow Moussa Demba, dit Tchombé, cadre de l’UPR, ex-maire de Kaédi (vallée du fleuve) explique le contexte de la marche, «marqué par des sorties inhabituelles et haineuses sur les réseaux sociaux».

Discours identique du côté de maître Moussa Abdallah Sidya, avocat, qui invite «les Mauritaniens à la cohésion et à l’unité pour affronter les questions du développement».

Pour leur part, l’opposition et un collectif d’organisations de la société civile ont refusé de répondre à l’invitation du pouvoir de participer à cette manifestation, considérée comme «spectacle, superficielle et démagogique», pour réclamer en lieu et place un dialogue national inclusif sur la question identitaire. 

Un rejet qui se résume à travers une sortie sur les réseaux sociaux de Lô Gourmo, vice-président de l’Union des forces de progrès (UFP): «Toute l’administration publique, tous les opérateurs économiques, tous les réseaux de quelque nature que ce soit, sont priés de "marcher" avec ostentation. Le but? Préparer l’opinion publique à la grande opération de diabolisation de l’opposition démocratique et de tous ceux qui réclament justice pour tous, égalité entre tous et unité de tous contre les politiques de discrimination et de division de notre peuple».

L'opposant ajoute: «Ce qu’espère le pouvoir? Provoquer des tensions, des crispations et un climat délétère à la veille d’une élection (présidentielle) cruciale pour le pays, avec l’arrière-fond grésillant du spectre du troisième mandat. Qu’Allah protège ce pays de l’aveuglement et des politiques à courte vue».

Par Cheikh Sidya (Nouakchott, correspondance)
Le 09/01/2019 à 16h55, mis à jour le 09/01/2019 à 17h00