Toute la Mauritanie était suspendue à la décision de la Cour suprême, hier mardi 20 décembre 2016 qui a finalement été repoussée à une date ultérieure. Le délibéré des juges se poursuit, cependant certains veulent maintenir une pression sur les magistrats afin d'obtenir la confirmation de la condamnation à mort de Cheikh Mohamed Ould M'Kheitir.
La prorogation du délibéré de la haute juridiction a été annoncée dans un contexte marqué par une forte mobilisation d’individus autoproclamés «défenseurs» du Prophète (PSL), dans l’objectif d’exercer une forte pression sur les juges. Par vagues, ils ont investi très tôt le matin les environs du palais de justice de Nouakchott et plusieurs endroits du centre ville.
Cette forte mobilisation est le résultat d’un mot d’ordre transmis vendredi dernier à l’occasion de la grande prière musulmane de l’après midi dans plusieurs lieux de culte.
Mauritanie: un célèbre poète menace de tuer le blogueur Mkheitir s'il était libéré
Les manifestants du mardi sont tombés sur un impressionnant dispositif policier déployé autour du palais de justice et dans toute la zone du centre-ville. Pendant le déroulement de cette affaire, la défense du jeune blogueur a plaidé la clémence en faveur d’un individu qui a nié les faits. Ce blogueur est issu de la caste des forgerons, traditionnellement considérée comme «inférieure» dans la société mauritanienne.
Le jeune homme a été reconnu coupable «d’apostasie» sur la base «d’écrits blasphématoires» et condamné à la peine de mort par une cour criminelle en 2015. La cour d’appel de Nouadhibou (Nord) a disqualifié les faits «en mécréance» une infraction moins grave, tout en maintenant le verdict de la peine capitale.
