Les Algériens ont déserté les urnes lors des législatives du jeudi 2 juillet durant lesquelles le taux d’abstention a frôlé les 80% et ce malgré la prolongation du vote d’une heure dans tout le pays afin de permettre d’accroitre le taux de participation. Au final, les autorités ont fini par se rendre à l’évidence.
Les Algériens ont boudé les urnes et le taux de participation, officiellement déclaré par les autorités, a été de 21,24%. Il s’agit bien évidement du plus bas taux de participation enregistré dans l’histoire politique du pays depuis l’indépendance.
Il est même plus bas que celui enregistré en 2021 (23%) lors des élections tenues dans le sillage du Hirak, un mouvement de contestation populaire né en février 2019. C’est dire combien le régime politico-militaire actuel est honni par les Algériens.
Selon les chiffres, sur 24,7 millions d’inscrits, seuls 5,16 millions d’électeurs se sont déplacés pour voter et parmi ces derniers, plus de 920.000 bulletins ont été jugés nuls. Quand on sait que l’enjeu principal du régime était le taux de participation, ce scrutin signe un échec cuisant des dirigeants.
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Ainsi, les Algériens ont donné une véritable claque à la classe dirigeante autocratique, aux vieux dirigeants du régime politico-militaire accrochés à leurs prébendes et qui continuent de piller le pays.
Et encore, le taux de participation officiel de 21,24% fait débat. Beaucoup d’observateurs pensent qu’il est loin de refléter la réalité, avançant qu’il faudrait certainement diviser ce chiffre par trois et même quatre pour avoir une idée réelle du taux d’abstention à cette élection. L’absence de file de votants, des bureaux de vote désertés et des urnes transparents quasi-vides de bulletins à quelques instants de la clôture des bureaux de vote sont autant d’indicateurs que le taux d’abstention est beaucoup plus important que celui avancé par les autorités. A Alger notamment au centre de la capitale, de nombreux observateurs ont expliqué que les bureaux de voté étaient quasi déserts durant l’après-midi. Et globalement, ce sont les personnes âgées qui ont fait le déplacement au niveau de ces centres.
Le taux de participation s'est établi à 21,24%, soit le plus bas de l'histoire des élections algérienne. Un véritable fiasco pour le régime.
Pourtant le régime a tout fait pour éviter ce fiasco. Il a galvanisé la population avec ses vieux slogans qui ne font plus de recette, ressuscité des morts en les faisant figurer sur les listes électorales des bureaux de vote et voyant que l’abstention était énorme, le régime a demandé la prolongation du vote d’une heure supplémentaire dans tout le pays. Nonobstant, le régime a subi une déconfiture en enregistrant le taux de participation le plus bas de l’histoire du pays.
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Afin de justifier l’injustifiable, Karim Khelfane, président par intérim de l’Autorité national indépendante des élections (Anie), n’a pas hésité a expliqué que «l’abstention n’est pas une spécificité algérienne», osant même faire des comparaisons entre l’élection algérienne et celles des «vieilles démocraties» d’Europe, d’Amérique et d’Asie.
Commentant ce fiasco, Abdelaziz Rahabi, personnalité politique algérienne connue, explique qu’«il est avant tout l’expression d’une incapacité à arrêter ou à inverser un processus, long de plusieurs décades, d’effritement de la confiance du peuple dans des institutions destinées à le représenter, à défendre ses intérêts à travers les lois et à contrôler l’action du gouvernement».
Pourquoi un tel fiasco? Plusieurs raisons sont avancées. D’abord, il y a un désaveu des citoyens à l’égard du régime politico-militaire dont l’échec est patent sur tous les plans. Ensuite, malgré le contrôle de tout l’appareil électoral, le régime n’avait pas confiance en ses forces.
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Du coup, il a invalidé environ un tiers des listes, excluant de facto plusieurs politiques qui n’étaient pas à la solde du régime, après avoir exclu les candidats indépendants, contrairement aux législatives de 2021. Ainsi, tous ceux qui auraient pu s’opposer réellement aux généraux et au président Tebboune n’ont pas pu se présenter à ces élections. Ces exclusions ont été particulièrement manifestes au niveau de certaines circonscriptions de la capitale et des grandes villes du pays où l’opposition est particulièrement présente et les populations moins inféodées au régime.
Partant, les électeurs qui n’avaient d’autres choix que de voter pour les partis du régime ont préféré s’abstenir de voter pour une élection dont les résultats étaient connus d’avance. Pour Rahabi, «la désaffection était prévisible en raison de l’absence programmée de vie politique partisane, du bâillonnement de la presse et de la dévitalisation de la société civile», ajoutant que «les Partis politiques ne doivent pas être réduits à la fonction d’outils électoraux mais considérés comme de véritables partenaires et des acteurs institutionnels indispensables à la mobilisation de la société car ils sont par nature des espaces d’expression, de formation et de sensibilisation au même titre que les syndicats et la presse. Sans eux, aucune nation ne sera en mesure de s’élever à la hauteur de ses ambitions».
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Par ailleurs, le régime reste confronté à des attentes sociales et économiques énormes, particulièrement chez les jeunes dont le seul salut désormais est l’immigration clandestine vers l’Europe faute de perspectives. Et pour cette jeunesse, il n’est pas question de perdre son temps pour lancer son bulletin dans l’urne sachant à l’avance que cela n’apportera aucune avancée sur les problèmes que traverse le pays tant que c’est ce régime politico-militaire qui est aux commandes du pays.
Enfin, de nombreux Algériens se demandent même à quoi sert réellement cette Assemblée nationale qui n’est qu’une caisse de résonance à la solde du régime, loin de défendre les intérêts du peuple.
Il faut souligner que du côté des résultats, bien évidemment, c’est le Front de libération nationale (FLN) et les partis politique satellites du régime (RND et Front El Moustakbal) qui ont raflé la majorité des sièges. Les trois partis ont obtenu 222 sièges sur 407.



