La Zambie clôt le dossier du différend sur l’inhumation d’Edgar Lungu

Le 23/06/2026 à 19h21

ChroniqueLe procureur général de Zambie Mulilo Kabesha a affirmé que l’État ne fera pas appel de l’arrêt de la Cour suprême d’appel sud-africaine au sujet de l’inhumation de l’ancien président Edgar Lungu, dont le lieu d’inhumation fait l’objet d’une bataille juridique depuis son décès en juin 2025 dans une clinique de Pretoria.

«Nous n’exercerons pas notre droit de faire appel devant la Cour constitutionnelle d’Afrique du Sud», a déclaré M. Kabesha dans un communiqué publié mardi à Lusaka.

Plus tôt dans la journée, la SCA a annulé une précédente décision de justice ayant accordé au gouvernement zambien le pouvoir d’inhumer Edgar Lungu à Lusaka.

La juge de la SCA Raylene Keightley a estimé que les protections constitutionnelles sud-africaines relatives à la dignité, à la vie privée et à l’autonomie familiale, ainsi que les principes du droit coutumier reconnaissant les droits des proches parents, soutenaient la position de la famille, consistant à enterrer Lungu, en Afrique du Sud, conformément à ses dernières volontés.

Selon M. Kabesha, conformément au jugement rendu aujourd’hui, cette affaire «devient désormais une question privée relevant de la famille Lungu, qui pourra procéder aux arrangements funéraires de son choix en République d’Afrique du Sud».

Il a affirmé que le gouvernement zambien avait cherché, durant les douze derniers mois, à honorer le sixième président de la République «conformément au précédent établi pour les anciens présidents», en l’inhumant à Embassy Park avec les honneurs militaires complets.

«Malheureusement, cela ne sera pas possible, la famille ayant décidé de l’inhumer en Afrique du Sud», a-t-il ajouté.

De son côté, la famille Lungu a salué la décision de la Cour sud-africaine, qui a confirmé ses droits dans le différend l’opposant au gouvernement zambien au sujet de l’inhumation.

Le porte-parole de la famille, Makebi Zulu, a qualifié l’arrêt de la Cour de «validation importante de l’État de droit, du constitutionnalisme et des principes fondamentaux de dignité humaine, d’autonomie familiale et de respect des volontés exprimées du défunt».

«Maintenant que les droits de la famille ont été confirmés, celle-ci informera prochainement toutes les parties concernées des prochaines étapes», indique le communiqué.

La famille a également appelé toutes les parties à respecter la décision de justice et à lui laisser l’espace et la sérénité nécessaires pour agir conformément à la loi et aux souhaits de l’ancien président.

Edgar Lungu, qui avait dirigé la Zambie de 2015 à 2021, est décédé le 5 juin 2025 à l’âge de 68 ans.

Depuis, les procédures judiciaires ont empêché son rapatriement, faisant de cette affaire le plus long différend funéraire de l’histoire politique africaine récente.

Deux périodes de deuil distinctes ont même été annoncées, et à un moment donné, deux livres de condoléances concurrents étaient en circulation.

D’après son épouse, ainsi que sept autres membres de la famille, Lungu avait clairement indiqué avant sa mort que son successeur, l’actuel président zambien Hakainde Hichilema, ne devait jouer aucun rôle dans l’organisation de ses funérailles.

La décision de la Cour sud-africaine intervient à moins de deux mois des élections générales au cours desquelles M. Hichilema briguera un second mandat de cinq ans.

Par Le360 Afrique (avec MAP)
Le 23/06/2026 à 19h21