Le nouveau président béninois Wadagni achève sa tournée ouest-africaine en Côte d’Ivoire

Le président ivoirien Alassane Ouattara (à droite) serre la main du président nouvellement élu du Bénin, Romuald Wadagni (au centre-gauche), après leur rencontre au palais présidentiel d'Abidjan le 4 juin 2026.. AFP or licensors

Le 04/06/2026 à 15h40

Le nouveau président du Bénin Romuald Wadagni, en fonction depuis moins de deux semaines, a achevé jeudi par une visite en Côte d’Ivoire une tournée de plusieurs pays ouest-africains, marquant sa volonté de prioriser «une diplomatie de voisinage».

Investi le 24 mai, M. Wadagni a commencé lundi par une visite chez l’incontournable et puissant voisin nigérian, avant d’aller au Niger et au Burkina Faso, deux pays qui entretenaient des relations glaciales avec le Bénin ces dernières années, puis au Togo et enfin en Côte d’Ivoire.

La région ouest-africaine s’est profondément divisée ces dernières années: le Mali, le Burkina et le Niger, gouvernés par des juntes militaires, ont formé l’Alliance des Etats du Sahel (AES), et ont claqué la porte de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao).

«La question de la Cedeao et des visites récentes du président Wadagni dans les pays de la région» a été au menu des échanges lors d’un tête-à-tête de près d’une heure entre M. Wadagni et son homologue ivoirien Alassane Ouattara, jeudi, selon une source à la présidence, à Abidjan.

Aucune déclaration publique n’a été faite à l’issue de la rencontre.

«Le sujet de la monnaie commune de la région et de l’organisation d’un sommet de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) dans les prochains mois», ont également été abordés, a ajouté cette source.

L’idée d’une monnaie commune ouest-africaine qui viendrait remplacer notamment le franc CFA est dans les tuyaux depuis 2019, mais la réforme est actuellement au point mort.

Cette tournée ouest-africaine «consacre la priorité accordée par le Chef de l’Etat à la diplomatie de voisinage», a indiqué la présidence béninoise dans un communiqué, jeudi.

Romuald Wadagni pourra-t-il être un médiateur entre la Cedeao et l’AES, après plusieurs années de brouille?

Sa visite au Niger et au Burkina Faso augurent en tout cas d’une décrispation des relations, au moins avec Cotonou.

Les pays de l’AES, qui ont tourné le dos à la France, accusaient Patrice Talon, le prédécesseur de Romuald Wadagni, d’être trop proche de Paris et le Niger maintenait notamment sa frontière fermée avec le Bénin.

Si M. Wadagni ne prône pas de rupture avec son prédécesseur et mentor, sa visite mardi à Niamey a été perçue comme un geste symbolique fort et pourrait accélérer la réouverture de la frontière.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 04/06/2026 à 15h40