Municipales en Afrique du Sud: 30,76% pour l’ANC, pire score de son histoire

Le président du Congrès national africain (ANC) et président de l'Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa, réagit alors qu'il dépose son bulletin dans l'urne au bureau de vote de l'école secondaire Hyde Park à Johannesburg, le 4 novembre 2026, lors des élections municipales en Afrique du Sud.. AFP or licensors

Le 08/11/2026 à 18h45

Le Congrès national africain (ANC), parti dominant la politique sud-africaine depuis la fin de l’apartheid, a obtenu 30,76% des voix aux élections municipales, le pire score électoral de son histoire, selon les résultats définitifs annoncés dimanche par la commission électorale.

L’Alliance démocratique (DA), formation libérale qui est le principal rival de l’ANC et son partenaire majeur au sein d’un gouvernement d’union nationale, a recueilli environ un quart des voix. Aucun parti n’ayant remporté la majorité absolue dans de nombreuses municipalités, ces résultats ouvrent la voie à des négociations ardues en vue de former des coalitions multipartites pour diriger plusieurs grandes villes.

Aucun parti n’ayant remporté la majorité absolue dans de nombreuses municipalités, ces résultats ouvrent la voie à des négociations ardues pour former des coalitions à la tête de plusieurs grandes villes.

L’Alliance démocratique (DA), formation libérale qui est le principal rival de l’ANC et son partenaire majeur au sein d’un gouvernement d’union nationale, est arrivé deuxième et a recueilli environ un quart des voix (24,67 %).

La participation électorale s’est établie à 52 %, soit 6 points de plus que lors des élections municipales de 2021 fortement affectées par la pandémie de Covid-19, a déclaré le président de la commission électorale Mosotho Moepya.

Une municipalité devra organiser un nouveau scrutin car des militants d’un parti ont pris d’assaut un bureau de vote et détruit des bulletins, a-t-il ajouté.

Ces résultats montrent le recul spectaculaire de l’ANC, le parti de Nelson Mandela (1918-2013), figure de la lutte contre le régime raciste d’apartheid, qui avait remporté près des deux tiers des voix lors des premières élections démocratiques en Afrique du Sud en 1994.

Chômage et scandales

Bien qu’il reste le plus grand parti, son soutien s’est depuis effrité, dans un pays où le chômage dépasse 34 % - un des taux les plus élevés au monde - et que les scandales de criminalité et de corruption ne cessent de se succéder au sein de l’ANC.

Les pénuries d’eau, les coupures d’électricité et la mauvaise qualité des services publics figuraient parmi les principaux enjeux du scrutin municipal tenu mercredi.

«Là où nous avons failli, notre mouvement ne le conteste pas. Des communautés sont restées sans eau. Les ordures n’ont pas été collectées. Les routes n’ont pas été entretenues», a reconnu le secrétaire général de l’ANC, Fikile Mbalula, qualifiant les résultats de «catastrophiques».

«Nous avons été pesés dans la balance, et là où l’on a trouvé que nous ne faisions pas le poids, nous n’osons pas contester la balance», a-t-il déclaré à la presse.

Plus de la moitié des 213 conseils municipaux d’Afrique du Sud n’ont pas de majorité absolue, ce qui oblige les partis à engager des négociations potentiellement délicates pour former des coalitions.

Les coalitions précédentes ont souvent été minées par des querelles internes et des alliances changeantes, paralysant des administrations locales et entraînant la négligence des services de base.

Négociations

Le président Cyril Ramaphosa, leader de l’ANC, a exhorté les partis à placer les populations au premier plan dans les discussions de coalition, avertissant que les services essentiels ne doivent pas être pris en otage par des désaccords politiques.

«Le peuple s’est exprimé. Son verdict doit être respecté. Ses préoccupations doivent être entendues et ses attentes doivent maintenant être satisfaites», a-t-il déclaré dimanche.

Le calendrier à venir est serré, la loi imposant aux conseils nouvellement élus de tenir leur première réunion dans les 14 jours suivant la proclamation officielle des résultats. Au cours de cette réunion, les conseillers doivent élire les maires et autres titulaires de fonctions officielles.

Toutes les grandes villes d’Afrique du Sud, à l’exception d’une seule, devront engager des négociations de coalition. L’Alliance démocratique (DA) a obtenu la seule majorité absolue au Cap (sud-ouest).

La DA est également en tête à Johannesburg (nord), la capitale économique, où elle a présenté Helen Zille, politicienne chevronnée de 75 ans surnommée «Gogo» («Grand-Mère»), une critique de longue date de l’ANC qui a été longtemps Première ministre de la prospère province du Cap occidental et maire du Cap.

Le parti de centre droit ActionSA, fondé par l’ancien maire de Johannesburg Herman Mashaba après une scission d’avec la DA, a terminé cinquième au niveau national.

Mais il pourrait détenir la clé des majorités dans les grandes métropoles, notamment Tshwane, qui englobe la capitale Pretoria.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 08/11/2026 à 18h45