Les robinets sont à sec depuis au moins 10 jours dans certaines parties de la ville, a reconnu le maire face à la frustration du public, qui a provoqué plusieurs manifestations à l’approche des élections municipales de mercredi.
Les dysfonctionnements dans la fourniture de services essentiels, comme l’eau, l’électricité et la collecte des ordures, constituent un des grands sujets de débat en vue du scrutin.
Le Congrès national africain (African National Congress, ANC), principal parti au sein du gouvernement d’unité nationale, devrait subir un nouveau revers. Parti centenaire qui a mené la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, au pouvoir depuis les premières élections libres en 1994, l’ANC fait face au désenchantement d’une partie de son électorat face au délabrement des services publics et à un chômage de masse.
De nombreuses zones de Johannesburg, capitale économique du pays comptant environ cinq millions d’habitants, connaissent de graves coupures d’eau et une faible pression depuis le 19 octobre, a déclaré le maire Dada Morero.
Il a imputé la situation à une forte consommation et aux fuites dans le réseau d’eau vieillissant, dont la réparation coûterait des milliards de rands, mais a indiqué que le niveau global des réserves de la ville s’était amélioré pour atteindre 41% lundi.
«Rétablir un approvisionnement en eau fiable reste notre priorité», a-t-il promis.
Les réserves d’eau de Johannesburg ont chuté de manière inattendue après de fortes températures, a indiqué Panyaza Lesufi, le Premier ministre de la province du Gauteng, dont Johannesburg est la capitale, qui l’explique par le phénomène de réchauffement climatique El Niño.
«Soudainement, nous avons perdu de l’eau, et on nous dit que c’est à cause d’El Niño (...) Nous avons effectivement été pris de court, car nous avons mis en place des systèmes pour surveiller tous ces éléments», a-t-il dit.
Selon une enquête de la Commission sud-africaine des droits humains publiée lundi, près de 45% de l’eau circulant dans les conduites municipales de Johannesburg est perdue en raison de la mauvaise qualité des infrastructures.
Aggravant le problème, plusieurs municipalités du Gauteng ont une mauvaise gestion financière et ne disposent pas d’un personnel suffisamment qualifié, déplore la commission.
De longues périodes de pénurie d’eau ont été signalées dans d’autres régions, notamment dans la ville côtière de Durban, sur la côte est.
